Mercredi matin, le patron de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould-Keddour signe avec son homologue de Saipem, une filiale de l’Italien Eni, un accord qualifié d’historique. Comme il a été révélé par Algériepart, la firme italienne s’est engagée à verser à la compagnie algérienne 200 millions de dollars en contrepartie de retrait de toutes les plaintes déposées par Sonatrach pour arbitrage.

“Ce document permet de régler à l’amiable l’ensemble des litiges existant entre Sonatrach et le Groupe Saipem. Ce groupe italien versera environ 200 millions de dollars à Sonatrach, représentant un montant cumulé pour l’ensemble des litiges”, a déclaré, tout sourire Abdelmoumen Ould Kaddour, le PDG de la Sonatrach devant les journalistes conviés en nombre à la couverture de la cérémonie à l’hôtel El-Aurassi, à Alger.

Les négociations entre les deux parties ont duré 18 mois. Mais, en fait, cela a porté sur quoi exactement ? Selon différentes sources, il s’agit d’au moins 4 contrats sur lesquels la société nationale a déposé plainte auprès d’instances internationales d’arbitrage. Le plus important concerne la construction d’une usine de regazéification en Algérie, un contrat conclu entre la filiale d’ingénierie et d’exploitation du groupe pétrolier italien ENI et la Sonatrach le 12 novembre 2008. La société italienne n’a respecté son contrat. La justice l’a condamné en décembre dernier à verser 135 millions de dollars. Trois autres contrats ont constitué un motif de litige entre les deux compagnies.

Selon des sources au fait des arcanes de Sonatrach, certains de ces contrats ont fait l’objet d’enquêtes dans le cadre du procès Sonatrach1. Mais aucun jugement n’a été prononcé. Des cadres de l’entreprise nationale se posent également la question de savoir si cet arrangement à l’amiable n’a pas été fait pour « anticiper » sur un procès qui implique l’entreprise italienne et qui doit s’ouvrir le 5 mars prochain à Milan.

Les deux sociétés sont, en effet, très impliquées dans les deux procès Sonatrach 1 et 2. Les dirigeants de Saipem sont notamment soupçonnés d’avoir versé des pots-de-vin à des responsables algériens en contrepartie de la conclusion de plusieurs marchés en Algérie.

Saïd Sadia