En Chine, la fête du Printemps tombe le premier jour de l’année lunaire chinoise, qui est en retard d’environ une vingtaine à une trentaine de jours sur le Nouvel An du calendrier grégorien occidental. Remontant à la dynastie des Shang (environ 17e-11e siècles avant notre ère), elle est née des activités qui consistaient à offrire un sacrifice aux divinités ou aux ancêtres au début de l’année.

Plus précisément, la fête du Printemps commence dans la première décade du douzième mois lunaire et dure plus de 30 jours jusqu’à la deuxième décade du premier mois de l’année lunaire suivante. Le soir de la veille de la fête et les trois premiers jours du premier mois sont les plus importants. En Chine, l’Etat fixe les sept premiers jours du premier mois de lune pour les jours de congé. En Algérie, les expatriés chinois ne ratent pas la célébration du Nouvel An Chinois. Même à plus de 9000 Km de leur pays, les chinois d’Algérie fêtent comme il se doit la Fête du Printemps.

Bye-Bye à l’année du COQ ! 

Preuve en est, une centaine d’expatriés de la société chinoise Huawei, spécialisée dans les solutions et équipements des télécommunications, ont mis en place une organisation spéciale pour être à l’heure du Nouvel An chinois. A des milliers de kilomètres de leurs familles restées au pays, les employés et cadres de cette compagnie présente en Algérie depuis 2008 disent adieu à l’année du Coq qui s’achève jeudi et se sont préparés à accueillir celle du Chien.

“Cela fait une douzaine d’années que je travaille pour le compte de Huawei à travers le monde et rares sont les fois où j’ ai passé le Nouvel An dans la cellule familiale”, a confié le jeune directeur général de la filiale algérienne de Huawei, Gao Jie, qui a reçu Xinhua dans son bureau, situé au cinquième étage d’un immeuble où les va-et-vient sont incessants.

S’exprimant au nom des employés de la compagnie, M. Gao a fait savoir que “tout le personnel va travailler pendant les jours de fête, car nous sommes liés par des engagements avec nos clients, ce qui représente une charge de travail de quelque 2.500 interventions par an sur les différents réseaux”, a-t-il expliqué. “Ces opérations ne peuvent souvent pas attendre et nos équipes interviennent aussi tard dans la nuit pour limiter les désagréments qui pourraient être causés aux utilisateurs algériens des télécommunications.”

Composé d’une majorité écrasante de jeunes gens, les employés de nationalité chinoise travaillent dans les mêmes locaux avec quatre fois plus d’Algériens, eux aussi prêts à partager ces moments de joie.

“Ce sera la première fois que je célèbre le Nouvel An avec mes collègues chinois et je serai très heureuse de partager cette journée particulière avec eux”, a confié Kawtar affectée au département des ressources humaines.

Dans le même bureau, Hadjira, plus ancienne chez Huawei, se dit elle aussi “très contente” de célébrer la Fête du printemps et ce pour la troisième année. “Pour cette année, la fête aura un goût spécial parce que nous avons organisé des activités intéressantes pour les travailleurs algériens afin qu’ils puissent en savoir davantage sur les traditions et la culture chinoises et aussi partager avec nos collègues chinois leur bonheur, surtout pour ceux qui n’ont pas la possibilité de rejoindre leur famille en Chine.”

“Ma famille me manque vraiment, mais je dois rester ici en Algérie”

Parlant de l’éloignement, Zhao Teng avoue avoir le mal du pays. “Ma famille me manque vraiment, mais je dois rester ici en Algérie parce que l’entreprise a besoin de nous en ce moment. Je vais célébrer la Fête du printemps avec mes collègues algériens et chinois. Il y aura une cérémonie et nous allons jouer et nous amuser”, s’est-il réjoui.

Devenus trop exigus et ne pouvant contenir les 500 employés algériens et chinois dont la charge de travail va crescendo, la direction de Huawei a décidé de déménager dans des locaux offrant de meilleures conditions de travail et de confort.

“De Dar el-Beïda, Huawei Algérie déménagera dans un mois à Bab Ezzouar”, annonce Yang Weiran, disposée à faire visiter les départements qui composent l’entreprise, avant d’emmener Xinhua dans les nouveaux locaux situés à moins de cinq kilomètres des anciens.

Visibles de loin, ces bâtiments implantés dans un quartier d’affaires algérois feront à la fois office de bureaux et de résidence pour le personnel. Pour leur construction, le leader en télécoms n’a pas cherché loin. Son compatriote et aussi leader dans la construction, la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), a pris les choses en main.

A l’entrée de cet espace moderne, digne d’une entreprise aussi grande que Huawei, on peut lire en chinois sur une banderole accrochée sur la clôture entourant les bâtiments : “Un nouveau travail, une nouvelle vie, commencent ici!”.

Dans l’enceinte de l’édifice, Mme Yang précise qu’il existe cinq bâtiments, dont quatre réservés à la vie sociale. Pouvant profiter des jardins et des espaces de jeu pour enfants, les employés et leurs familles disposent de toutes les commodités qui leur permettent de travailler dans de bonnes conditions afin de relever les défis à venir.

Avec l’Agence de presse Xinhua