Des équipements médicaux qui coûtent sur le marché mondial entre 270 et 350 euros sont achetés par nos hôpitaux à des prix exorbitants et défiant l’imaginaire. Des prix qui dépassent les 130 mille Da, à savoir plus de 920 euros. Un écart de prix très impressionnant qui a soulevé les interrogations de plusieurs acteurs privés du secteur pharmaceutique algérien. 

Algériepart a même obtenu des documents exclusifs qui relatent des correspondances adressées par un opérateur privé, la société MedSanté, au ministère de la Santé pour lui rapporter ces écarts étranges reflétant des pratiques de surfacturation qui minent dangereusement le secteur de la santé faisant perdre ainsi des devises précieuses à notre Trésor Public en cette période de délicate crise financière. Comme le montre ce document en notre possession, l’entreprise MedSanté a déposé officiellement recours contre l’attribution des lots numéro 06/07/08/14/16 suite à un appel d’offres national portant le numéro 09/2017. Il s’agit d’un marché de fourniture de stent actif au CHU d’Oran.

Il s’agit d’un support artériel essentiellement utilisé dans des artères au cours d’une angioplastie, dans le cas de la maladie coronarienne par exemple, c’est-à-dire une maladie des artères qui vascularisent le cœur. Il peut également être employé dans l’urètre, les canaux biliaires… Il est appelé communément « ressort ». C’est un équipement médical très prisé et très utilisé pour soigner les patients souffrant de maladie cardiaque.

Dans le jargon médical, un stent est un grillage métallique de forme cylindrique qui est apposé à l’aide d’un ballon dans l’artère coronaire au niveau du rétrécissement. Il va servir de soutènement à l’artère afin d’éviter que la sténose se reforme à nouveau. La paroi de l’artère va cicatriser et enrober le stent. Selon les documents en notre possession, le CHU d’Oran a procédé à l’acquisition de cet équipement médical à des prix très suspects qui oscillent entre 460 euros et 920 euros alors qu’en France et en Allemagne, des hôpitaux ont acheté le même équipement à 270 et 350 euros !

Plusieurs organismes ont été saisis pour s’expliquer face à cette facturation très suspecte à l’image de la commission des marchés publics de la wilaya d’Oran comme le montre un autre document en notre possession :

Malheureusement, aucun organisme public ne s’est expliqué face à ces anomalies qui ressemblent énormément à des irrégularités dignes des pratiques de malversation financière. Pis encore, dans un document officiel, le ministère de la Santé a jugé irrecevable le recours déposé par l’opérateur privé algérien qui avait dénoncé les prix largement sur-élevés imposés au CHU d’Oran.

Pas la moindre explication ne fut fournie par le ministère de la Santé au sujet des interrogations soulevés par les prix exorbitants fixés lors des ventes de ces équipements médicaux aux hôpitaux algériens. Cette attitude ne fait que renforcer la suspicion entourant l’attribution de ces marchés publics. Algériepart reviendra sur ce sujet avec une enquête plus approfondie.