Du haut de ses 27 ans, Badis Diab est à la tête de l’un des cabinet sportif les plus influent de l’hexagone, Galactik France, basé à Paris.
Influent conseiller pour certains des agents les plus puissant du football européen tel que Marko Kirdemir ou Mino Raiola, il a lancer sa propre structure en février 2016, devenu aujourd’hui une référence.  Fondateur d’une académie au Ghana en 2016 ainsi qu’une autre au Burkina Faso au courant de l’année 2018, l’entrepreneur revient de plus en plus en Afrique pour participer au développement du football Africain.  Le jeune Algérien revient avec nous sur la situation du football dans son pays d’origine, de la gestion de l’équipe nationale à celle du championnat local.  Focus.
Bonjour Badis Diab, l’Algérie ne s’est pas qualifié pour le Mondial en Russie, comment avez-vous vécu cela ?
Un échec terrible. Certainement le plus grand échec de l’histoire du football Algérien. Il faut être honnête, l’Algérie dispose de la plus grande génération de son histoire : pour la plupart des observateurs européens, Ryad Mahrez est certainement le meilleur joueur d’Angleterre, Faouzi Ghoulam est quant à lui l’un des meilleurs latéral gauche du monde.
Nous disposons des meilleurs joueurs Africains à chaque poste, une génération homogène issue des meilleures centres de formation qui soit, tout était fait pour que l’Algérie entre dans l’histoire du football Africain dés 2018, au lieu de cela, nous n’avons pas été capables de nous sortir d’une poule de qualification, cela est regrettable, c’est un échec sans précédent.
La faute à qui ? Zetchi, Alcaraz ou Madjer ?
Les fautes sont partagées, il n’y pas eu d’alchimie entre la fédération, le sélectionneur et ses joueurs. Cependant, si cette alchimie n’a pas eu lieux, c’est parce que la fédération n’a pas proposé de projets à long terme pour le football Algérien.
On ne peut pas prendre en main une fédération comme l’a fait Mr Zetchi, et ne pas penser avant tout à faire évoluer le championnat local et investir dans la formation de nos talents de demain. Finalement, Zetchi n’a fait que recopier le modèle de Raouraoua, mais en moins bien.
Au moment même où l’on ne chercher qu’à se servir au sein des centres de formations français, le Maroc a, quant à lui, remporté la coupe d’Afrique des joueurs locaux, la champion’s league avec le WAC, sans oublier une qualification à la coupe du monde en Russie, et tout cela en moins d’un an.  Il y a un enseignement à tirer de nos voisins : le développement du football local est une condition sine qua non de la réussite du football Algérien sur la scène internationale.
Quelles sont les solutions concrètes pour que l’Algérie redevienne une nation forte du football Africain ?
Tout d’abord, la fédération doit rétablir une véritable stratégie de management sur les dix ans à venir. Le développement du football local ainsi que la mise en place des structures de formation partout en Algérie doit devenir une priorité. La fédération dispose d’une enveloppe financière conséquente, et l’Etat algérien a, quant à lui, toujours montrer sa volonté d’investir quant il s’agit du football national.
Nous devons arrêter de nous tourner constamment vers l’Europe en pensant que l’avenir du football Algérien s’y trouverait, Il y aura toujours des talents issus de la diaspora Algérienne pour venir renforcer l’équipe nationale aussi longtemps que la France continuera d’être une référence dans la formation.  L’objectif prioritaire doit être axé sur la formation et le développement du championnat local, les coups d’éclat médiatique comme le fait de faire revenir Rabah Madjer aux affaires n’a réellement aucun sens.
Kheïreddine Zetchi est-il l’homme de la situation ?
Oui, je le pense. Personne aussi bien que Mr Zetchi n’a conscience de l’importance de la formation, il faut rappeler qu’il est avec le Paradou Athletic Club à l’origine de la seule référence de formation que l’Algérie a connu lors de ces 15 dernières années.
Son CV force à croire qu’il est l’homme de la situation. Pourtant, ses choix depuis sa prise de fonction sont discutables pour ne pas dire surprenants, faut-il croire que Kheïreddine Zetchi est sous influence et qu’il ne dispose pas concrètement des pleins pouvoirs ? Ceci est une possibilité.
Kheïreddine Zetchi sous influence ? Pensez-vous qu’il ne détient pas les pleins pouvoirs ?
Je pense qu’il est impossible de mener la barque s’il y a plusieurs chefs à bord. Cette instabilité au sommet du football Algérien est la source de la chute de notre équipe nationale.
La génération de 82 continue d’influencer, de près ou de loin, le football Algérien actuel.
La France a également connu cela avec sa génération de 84, puis aujourd’hui celle de 98.
Comment expliquer la nomination de Rabah Madjer ? Lui qui n’a plus entrainé depuis 2006, connaissez-vous une seule fédération au monde qui nomme un sélectionneur sans activité depuis 10 ans ? Cela n’a aucun sens.
Devons-nous être optimiste pour l’avenir du football Algérien ?
Bien évidement. Comme je vous le disais, l’Algérie dispose de la plus grande génération de son histoire, une génération encore très jeune, et qui arrivera certainement à maturité pour le mondial 2022.  Mais le mondial au Qatar se prépare dés aujourd’hui, au sein du championnat local et de la formation de nos talents. C’est dans les détails que l’Algérie fera la différence.
Pour finir, avez-vous été approché par des clubs Algériens récemment ?
Je suis approché depuis plusieurs années par des clubs Algériens parmi les plus prestigieux, revenir en Algérie m’intéresse, mais pour le moment, les projets qui me sont proposés ne me permettent pas de répondre favorablement à la demande.
J’espère pouvoir revenir en Algérie avec la possibilité de mener des projets concrets de formation, qui permettrait à l’Algérie de former elle-même ses propres talents, et ainsi devenir avec le temps le premier pays exportateur de footballeurs en Afrique. En Europe, le Portugal a suivi ce modèle, et les résultats au rendez-vous. C’est un projet ambitieux, mais il faut être ambitieux pour s’imposer dans le football moderne.