Les firmes chinoises ont marqué leur avance par rapport aux firmes occidentales dans leur présence sur le marché algérien, dans un contexte de climat d’affaires défavorable et qui faisait fuir les investisseurs étrangers, en particulier les Occidentaux. 

Selon les données de l’ANDI (Agence Nationale de Développement et de l’Investissement), la Chine a été le premier fournisseur de l’Algérie en 2014 avec un montant de 8,2 milliards de dollars et son 10e client avec un montant de 1,8 milliard de dollars. En effet, le volume
total des échanges commerciaux reste en évolution constante. Le territoire algérien est la
deuxième destination pour les investissements directs chinois au niveau de l’Afrique depuis l’an 2000 après le Nigeria, selon une enquête menée par une fondation américaine “Heritage”.

Les secteurs d’activité prisés par les firmes chinoises en Algérie 

Selon l’ANDI, ces trois dernières années le nombre d’entreprises chinoises qui sont
présente en Algérie a augmenté de plus de 25% pour arriver à 793 entreprises chinoises en 2014, et qui activent dans : l’import-export, le secteur des travaux publics, le bâtiment, la construction et les infrastructures, et notamment dans d’autres domaines, à savoir : tourisme, hydrocarbures (un montant d’investissement d’environ deux milliards de dollars), pétrochimie, hydraulique, téléphonie. En 2016, des projets en cours de négociation entre la partie algérienne et chinoises qui seront lancés dans le montage des véhicules et camions, la réalisation de port commercial au centre de l’Algérie et l’exploitation de gisement de fer (Gara Djebilet à Tindouf), ses projets vont contribuer au développement de l’industrie de sous-traitance ( création de l’emploi) en Algérie, l’ouverture commerciale va permettre de profiter des ressources financières, du savoir-faire et des compétences des firmes chinoises en matière de technologie dans le cadre de la politique économique de l’Algérie.

Les firmes chinoises sont présentes dans trois secteurs stratégiques de l’économie
algérienne, selon le bureau du conseiller économique de la Chine en Algérie, à savoir :

Le Secteur d’Hydrocarbures et de Services pétroliers : Dans le cadre de la « stratégie d’approvisionnement en matière première » de la Chine en Afrique, plusieurs firmes chinoises sont présentes en Algérie, telles que : CNPC60 (Chinese
National Petrolium Corporation) qui active dans l’exploration du pétrole et du gaz, l’exploitation et la commercialisation de produits raffinés, tout en fournissant des services pétroliers et gaziers, et en participant a quelque projet de construction des raffineries. La firme GREAT WALL DRILLING COMPANY ALGÉRIE dans les activités de la construction de puits, Forages, sondages, Sinopec qui est une grande firme pétrolière en termes de chiffre d’affaires au niveau mondial61, et d’autres firmes publiques chinoises qui ont bénéficié du soutien de leur gouvernement dans leur stratégie d’implantation en Algérie, dans le cadre de la relation entre l’Algérie et la Chine.

Le Secteur de Construction et de Travaux publics (BTP) : La Chine reste la principale bénéficiaire des programmes d’investissement publics en Algérie, dans le cadre de « programme de relance économique » en Algérie, pour développer les infrastructures (L’amélioration et du développement, terminal de l’aéroport d’Alger, des tronçons
de la liaison de l’autoroute l’Est-Ouest) et régler le problème du logement, l’attribution des contrats de travaux publics a été destinée dans leur majorité à des firmes chinoises plus compétitives en termes de coût et de délai de réalisation- qui ont raflé les grands projets. Or, ces firmes emploient leur main-d’œuvre (bon marché et difficile à concurrencer) et non pas à la main-d’œuvre algérienne.

Dans le secteur des bâtiments et de la construction (selon l’ANDI) plusieurs projets
phares étaient à l’apanage des firmes chinoises ( construction d’Hôtel Sheraton, projet AADL pour l’agence nationale), d’un côté, grâce à leur compétitivité par rapport à la majorité des entreprises algériennes – généralement des PME – qui activent dans ce domaine ; et d’un autre côté, à cause des relations politiques et économiques, qui ont joué un rôle dans l’obtention des grands projets en Algérie, dans le cadre de la politique de la Chine en Afrique.

Dans le secteur de Télécommunication : Suite à la libéralisation et la privatisation du secteur de la télécommunication en Afrique, plusieurs firmes étrangères (occidentales) se sont intéressées à ce secteur. Or, depuis 2004, les entreprises chinoises se sont installées dans le marché africain, comme Huawei Technologies Co. Ltd., Bell Shanghai et ZTE, dans la fourniture des équipements des télécommunications, services de conseil, infrastructure de la téléphonie mobile, l’exploitation des réseaux cellulaires par la voie de licence ou la prise de participation des firmes locales comme mode de présence sur le marché africain.

Le constructeur chinois « ZTE Corporation » est également présent  sur le marché algérien de télécommunication depuis 2007 (ZTE Algérie), dans les travaux de construction et d’installation de l’infrastructure de télécommunication, l’audit et solutions informatique et des réseaux, et dans la commercialisation des modems, téléphonie mobile (Smartphones), auprès de ses partenaires locaux (des opérateurs téléphoniques privés et publics et
des entreprises), le groupe chinois ZTE reste le seul fournisseur de terminaux à travers son
partenaire local « Gentech Microsystems ».

Dans les autres secteurs, à savoir l’automobile, la présence des constructeurs automobiles chinois était dans l’objectif commercial par le biais de bureaux de représentation, qui
va conduire à augmenter les importations de véhicules en provenance de la Chine plutôt d’ouvrir une unité d’assemblage en Algérie, de nombreux exemples peuvent être cités, comme le cas de Shaanxi Automobile Group qui a prévu d’installer une unité à Sétif en 2010, mais par la suite, il a réussis à ouvrir un bureau de représentation en 2011.
Un projet de partenariat (Basé sur la règle d’investissement 51%-49%) entre le groupe étatique chinois FAWAIC et le holding privé algérien Arcofina qui a été lancé en 2013, pour une usine automobile d’assemblage de véhicules utilitaires de marque FAW en Algérie.

Plus d’effets négatifs pour l’économie algérienne que positifs

Plusieurs études ont montré que l’investissement des firmes étrangères (les IDE) ne
pourra pas être productif – en introduisant des techniques plus avancés- pour l’économie du pays d’accueil et que lorsque la main-d’œuvre locale est assez formée ; or, ce n’est pas le cas pour les pays comme l’Algérie.

La présence des firmes chinoises sur le territoire algérien peut ouvrir la possibilité
d’emploi, afin de régler le problème de chômage au quel souffre le pays depuis des
décennies. Cependant, les firmes chinoises emploient de plus en plus leur main-d’œuvre
(bon marché), bien que la loi algérienne privilégie l’emploi de la main-d’œuvre locale
pour régler les problèmes de chômage qui a atteint 11% de la population active et un taux de 30% pour les jeunes. Selon plusieurs enquêtes, les salaires des travailleurs chinois
sont versés directement en Chine à part leur argent de poche, ou à l’issue de leurs contrats. Ce qui ne pourra pas être un facteur stimulant la demande locale et donc la production locale.   À la fin de 2011, le nombre des résidents chinois a atteint 40 à 45 000 (des travailleurs migrants, les cadres, les entrepreneurs et leurs familles).

Dans un contexte algérien où une production hors hydrocarbures est inexistante, les
grands projets de construction et d’infrastructure étaient à l’apanage des firmes chinoises qui ont bien rivalisé avec les PME algériennes de BTP. Il est important de noter que la présence à l’étranger a été stimulée par le gouvernement chinois qui a longtemps encouragé le développement de ses entreprises publiques à l’international, à travers une série de règlements et de directives favorables.

La présence des firmes chinoises sur le territoire algérien peut être, un des facteurs qui
freinent le développement du tissu productif local, en absence du transfert de technologie, savoir-faire et compétence, car les PME algériennes ne sont pas en mesure de faire face à la concurrence des grands groupes chinois, ainsi de leur côté, les firmes chinoises sont en avance par rapport aux firmes occidentales dans l’obtention des grands projets de construction, dans un contexte qui fait fuir les investisseurs occidentaux, caractérisé par une insécurité et un climat des affaires défavorable (Corruption, bureaucratie, etc.)

Dans le contexte actuel les firmes chinoises ont acquis une place croissante dans les
marchés internationaux même les plus développé, en concurrençant les grandes firmes occidentales dans plusieurs secteurs stratégiques, même dans le High Tech et haut gamme. En Algérie, les firmes chinoises sont présentes dans plusieurs secteurs stratégiques, leur présence selon plusieurs études a plus d’effets négatifs pour l’économie algérienne que positifs. De ce fait, le gouvernement algérien doit revoir sa politique vis-à-vis des firmes chinoises, ces dernières considèrent le marché algérien comme un marché porteur pour leurs produits.

Enquête extraite d’une étude menée par DERBAL Abdelkader, chercheur à l’Université d’Oran 2, Mohamed Ben Ahmed Laboratoire de la Macroéconomie organisationnelle, et SAIDI Halima Ep. SALAH, chercheur et enseignante à l’Université d’Oran 2, Mohamed Ben Ahmed Laboratoire de la Macroéconomie organisationnelle .