L’Algérie a accordé en 2017 près de 40 milliards de dollars de crédits bancaires aux entreprises publiques. Une enveloppe budgétaire considérable dont personne ne peut mesurer encore sa rentabilité. 

C’est le gouverneur de la Banque d’Algérie qui le révèle : les crédits bancaires accordés en 2017 au secteur publique ont atteint les 4.237,4 mds de DA, ce qui représente une croissance de 7,22% par rapport à 2016. Cette somme représente bel et bien l’équivalent de 40 milliards de dollars.

74,5% de ces crédits accordés sont des crédits à moyen ou à  long terme. Ce qui signifie que les banques algériennes, majoritairement des entités publiques, ont pris un pari très risqué en misant sur des entreprises étatiques dont la performance est toujours comprise en raison de leur management hasardeux. Ces banques doivent attendre des années en espérant se faire rembourser. Certains de ces crédits ne seront jamais remboursés puisque cet argent aura servir à renflouer les caisses des entreprises publiques entièrement déstructurées, endettées et ne dégageant aucun bénéfice.

En 2007, 150 entreprises publiques étaient complètement en faillite. En revanche, il reste encore 992 entreprises publiques économiques qui demeurent en grande difficulté. En 2014, un diagnostic confidentiel établi par un bureau du ministère de l’Industrie avait conclu que pas moins de 900 entreprises publiques économiques présentaient des actifs nets négatifs. Si on applique scrupuleusement les articles du Code de Commerce, ces entreprises devraient être placées en cessation de paiement.

En 2010, l’Etat a injecté une enveloppe financière de 2 milliards de dollars consacrée par les pouvoirs publics dans le cadre de l’assainissement, le traitement du passif et la modernisation ou la mise à niveau de 51 entreprises dans le secteur des Travaux Publics. Entreprises emploient jusqu’à 40 mille personnes.  Entre 1990 et 2007, les différents gouvernements avaient injecté près de 14 milliards de dollars  dans les bilans de ces entreprises, sans pour autant réussir à les sauver.

Les groupes Gica, Saidal, Cosider et Air Algérie ont bénéficié également du soutien du gouvernement. Et malgré les résultats financiers catastrophiques de ces entreprises publiques, l’Etat n’a pas cessé de sortir le chéquier. Preuve en est, 10 dossiers ont été examinés depuis 2008 par le Conseil des participations de l’Etat (CPE). Parmi ces dossiers, l’on cite celui du groupe Gica (Groupe industriel des ciments d’Algérie) qui a bénéficié, en juillet 2009, d’un certain nombre de décisions, notamment l’accompagnement en matière d’investissement. L’Etat a financé ce groupe à hauteur de 140 milliards de DA, à savoir près de 1,5 milliard de dollars.

Des entreprises insolvables, en quasi-faillite, mal-gérées, endettées et sous perfusion financière, les entreprises publiques n’ont jamais représenté un aussi lourd fardeau pour l’Algérie. Et en dépit de l’actuelle crise financière, on continue à leur allouer des sommes colossales que nous risquons de perdre à jamais.