Malgré l’interdiction de manifester, au moins un millier de médecins se sont rassemblés en plein centre d’Alger afin de demander l’abrogation d’un « service civil » les obligeant à exercer dans des zones parfois reculées.

Ils ont bravé l’interdiction de toute manifestation à Alger. Un millier de médecins dits « résidents », en formation de spécialisation, se sont rassemblés, lundi 12 février, en plein centre de la capitale algérienne, dans le cadre du mouvement de grève qu’ils observent depuis trois mois.

Arborant pour certains « Médecins en colère » sur des brassards ou des masques chirurgicaux noirs, les manifestants ont réussi à se regrouper en milieu de matinée devant la Grande Poste, bâtiment emblématique d’Alger.

Ce rassemblement a eu lieu malgré les très nombreux policiers, en uniforme et en civil, déployés depuis le début de matinée et qui filtraient de façon stricte l’accès au quartier, selon la même source.

 

Entourés par un cordon serré de plusieurs centaines de policiers, certains casqués, et par des véhicules de police bloquant l’accès au parvis, des manifestants poursuivaient un sit-in devant la Grande Poste en début d’après-midi, scandant notamment « Résidents, dignité ! ». La police n’est pas intervenue dans l’immédiat pour les disperser.

Quelque 300 manifestants ont par ailleurs réussi à échapper à la vigilance des policiers et à marcher vers le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN, Chambre basse du Parlement). Parvenus à une centaine de mètres du bâtiment, ils ont été encerclés par des renforts de police, dépêchés à la hâte, et ont été contraints de faire demi-tour jusqu’à la Grande Poste, canalisés par la police anti-émeute.

Équivalent des internes en France, les quelques 15 000 médecins « résidents » algériens sont diplômés de médecine générale et étudient une spécialisation à l’issue d’un concours. Ils poursuivent un mouvement de grève, bien qu’il ait été déclaré « illégal » le 24 janvier par la justice, et boycottent les concours de fin de spécialisation.

Les grévistes réclament notamment l’abrogation du « service civil » les obligeant à exercer entre un et quatre ans dans des zones parfois reculées, au terme de leurs longues études (7 ans de médecine générale + 4 ou 5 ans de spécialisation), en plus des 12 mois de service militaire, obligatoire pour tous les Algériens de sexe masculin.

Ils demandent aussi une réforme de leur formation, la révision du statut de résident et de pouvoir bénéficier, comme les autres Algériens, des dispenses de service militaire après 30 ans.

Le 3 janvier, une tentative de manifestation de médecins résidents dans les rues d’Alger avait été violemment dispersée par la police, faisant 20 blessés parmi les manifestants, selon le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Les images de médecins en sang avaient choqué sur les réseaux sociaux.

Avec AFP