Plus de 7 ans après la chute du régime El-Kadhafi, les langues commencent à se délier. Après des personnalités libyennes, puis le président français Emmanuel Macron, qui ont dénoncé l’intervention française en Libye, c’est autour de l’ancien Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, de monter au créneau.

Dans une interview accordée à la chaîne Sky News 24, l’ancien chef du gouvernement italien a rappelé qu’il s’était opposé avec toutes ses “forces” pour empêcher une intervention militaire en Libye. Mais, Nicolas Sarkozy « était pressé » d’accomplir cette « folie ». « Je me suis opposé à cette folle intervention parce que Mouammar El-Gueddafi contrôlait quand même 104 tribus » dans son pays, a rappelé le sulfureux homme d’affaires. « Nous étions en train de discuter, à Paris, avec les Américains la possibilité de créer une coalition. Mais les Français nous ont pris de court et ont attaqué » la Libye, rappelle Berlusconi qui insiste sur le fait que « destituer El-Gueddafi était une folie ».

En déplacement en Tunisie la semaine dernière, le président français, Emmanuel Macron a critiqué l’intervention étrangère en Libye.

“L’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité dans la situation actuelle en Libye”, a estimé le chef de l’Etat français. “Je n’oublie pas que plusieurs ont décidé qu’il fallait en finir avec le dirigeant libyen sans qu’il y ait pour autant de projet pour la suite”, a-t-il également rappelé.

La presse française soupçonne l’ancien président français, Nicolas Sarkozy d’avoir cherché à éliminer El-Gueddafi pour dissimuler une affaire de financements illégaux de sa campagne électorale présidentielle de 2007 par le guide libyen.

Saïd Sadia