Attaqué de toute part, Abdesselam Bouchouarb organise la réplique. L’ancien ministre de l’Industrie, qui rentre d’un long voyage en France où il a encore de la famille et des affaires, compte ester en justice Abderrahmane Achaïbou, le patron du groupe Elsecom qui l’a accusé de corruption.

Selon l’entourage de l’ancien ministre, Abdesselam Bouchouarb ne veut pas laisser cette affaire sans suites. Il a demandé à ses avocats de déposer plainte pour « diffamation » contre Achaïbou. Ce dernier a déclaré, lors d’une récente interview accordée à RadioM, que l’ancien ministre lui avait « demandé de l’argent » en contrepartie du règlement de sa situation. Cela devait constituer en la restitution de la concession automobile que l’homme d’affaires gérait. Or, selon nos sources, Abdesselam Bouchouareb ne peut agir de son propre chef. Il a retiré la concession de la marque KIA au groupe Elsecom sur la base d’un rapport « accablant » de l’inspection générale des finances qui aurait relevé des anomalies dans les opérations d’importations de certains véhicules. Le rapport a été transféré par le ministre des finances au Premier-ministre, Abdelmalek Sellal.

Avant cette accusation, Abderrahmane Achaïbou a reproché, dans une campagne médiatique virulente, à l’ancien ministre d’avoir « organisé » sa faillite au « profit de ses amis ». Mais l’homme d’affaires n’a fourni aucune preuve tangible. Certaines évoquent l’auto-saisine du procureur général. Ceci dit, Bouchouareb bénéficie de l’avantage de la juridiction selon laquelle un ancien ministre, il ne peut être jugé que par la Cour Suprême.