Baha Eddine Tliba, un homme politique convaincu et engagé ? Non, loin s’en faut ! Baha Eddine Tliba est, en réalité, un richissime homme d’affaires qui utilise la politique pour s’enrichir encore et encore sans se fixer la moindre limite. Oui, la politique pour se remplir les poches jusqu’au point de friser le ridicule dans l’espoir de conserver sa fortune amassée au cours de plusieurs années d’un « militantisme » suspect et « fourbe ». 

Algériepart avait enquêté à plusieurs reprises sur le controversé Baha Eddine Tliba. Ce dernier, a, effectivement, bâti une véritable fortune qui ne cesse de s’accroître depuis 2012, date de son irruption brutale sur la scène politique lorsqu’il rallie le FLN pour devenir en un temps record le vice-président du groupe parlementaire.

Tliba était jusque-là un illustre inconnu. Et ses tentatives d’entrer de plain-pied dans la vie politique se sont soldées toutes par un cuisant échec avant 2012. Avant de débarquer à Annaba où il s’est imposé par son argent et son influence, Baha Eddine Tliba s’est présenté à deux reprises à l’élection Législative à Ouargla, au sud du pays. Mais toujours sans succès. Et pourtant, à Ouargla, il touche au jackpot lorsqu’il rachète la SETO, une entreprise publique. Il s’agit de la Société d’Etudes Techniques d’Ouargla, basée aujourd’hui au niveau de la route de Ghardaîa, plus exactement en plein coeur de la cité des 460 logements.

Selon des sources proches de l’entourage du sulfureux député d’Annaba, c’est l’ancien chef de gouvernement Abdelaziz Belkhadem qui a facilité cette privation étrange puisque la SETO était une entreprise étatique et stratégique dans la région d’Ouargla. Fallait-il la céder à un privé qui fut un simple commerçant ne disposant d’aucune référence particulière dans le secteur de l’ingénierie ? Depuis 2008, cette privatisation n’a pas cessé de soulever de nombreuses interrogations.

La SETO fut pendant longtemps l’une des plus prospères entreprises qui assurent le contrôle et suivi de tous les projets d’infrastructures publiques au niveau sud du pays. Le Conseil des participations de l’Etat (CPE), sous l’égide d’Abdelaziz Belkhadem, accepte de la céder à Tliba à un prix symbolique. Le commerçant s’empresse rapidement de renvoyer pas moins de 100 employés à la rue. Des familles entières se sont retrouvées sans revenus par la grâce d’une privatisation inexpliquée.

L’affaire est portée en justice, mais, jusqu’à aujourd’hui, les 100 employés dont certains étaient des salariés de l’annexe de la SETO à Illizi n’ont jamais été indemnisés. Grâce à cette privatisation, Tliba a, pourtant, hérité d’un bâti évalué à une trentaine de milliards de centimes. Un fonds qui lui permettra, par la suite, de développer ses affaires juteuses à Annaba au détriment des familles des salariés qu’il jette à la rue.

Dans le prochain épisode, nous expliquerons les dessous du business de Tliba, l’homme qui veut aujourd’hui utiliser « le 5e mandat » comme un nouveau fonds de commerce pour remplir encore et toujours son coffre-fort.