Ce jeudi matin, plusieurs opérateurs économiques algériens ont été contactés par leurs banques réceptives pour les informer qu’une importante décision vient d’être prise par l’Association professionnelles des banques et des établissements financiers (ABEF). Cette instance a effectivement adressé une note officielle aux banques algériennes pour les instruire de supprimer officiellement l’obligation de la délivrance d’un certificat attestant la libre commercialisation du produit dans le pays d’origine avant de procéder à la domiciliation bancaire d’une opération d’importation. 

Cette suppression intervient au moment où une importante délégation du MEDEF, le patronat français, est en visite à Alger pour discuter des obstacles à lever concernant les investissements français dans notre pays. Et parmi ces obstacles, ce certificat a constitué un blocage majeur à la coopération économique de l’Algérie avec tous ses partenaires étrangers.

En effet, plusieurs producteurs algériens ne pouvaient plus importer leurs matières premières en raison de ce certificat qui a été refusé par plusieurs instances commerciales à l’étranger. Ainsi, à titre d’exemple, les Chambres de Commerce  françaises à l’ International (CCI) ont fait savoir le 2 février dernier dans une correspondance adressée à plusieurs entreprises algériennes, et dont Algériepart détient une copie, qu’elles “ne peuvent pas émettre ce document demandé car nous ne pouvons pas certifier une conformité pour laquelle nous ne sommes ni habilités ni en mesure de vérifier”.

“De même,  nous ne pouvons pas “attester” mais seulement “viser” les
informations mentionnées. C’est aussi la position de nos homologues d’un grand nombre de pays de l’Union européenne”, ont souligné les CCI de France. Plusieurs autres pays européens et même la Chine ont clamé leur étonnement face à cette mesure destinée à ralentir les importations en devises de l’Algérie.

Une mesure maladroite car elle a pénalisé de nombreux producteurs algériens dont la marchandise était bloquée dans les ports étrangers. Aujourd’hui, l’ABEF intervient pour rectifier le tir et corriger une bêtise absurde. Cependant, les importations relevant de la revente en l’état resteront soumises à cette obligations et leurs demandes de domiciliation doivent être obligatoirement accompagnées par ce certificat de libre circulation du produit dans le pays d’origine ou de provenance, établi par une autorité dûment habilitée dans le pays exportateur et/ou d’origine attestant que les marchandises à importer sont effectivement et librement commercialisées sur leur territoire.