La surfacturation et les transferts illicites de devises constituent la première crainte des autorités algériennes en cette délicate période de crise financière où le moindre sou en devise revêt une importance stratégique. C’est pour cette raison que le gouvernement a verrouillé le marché automobile depuis 2015 afin de limiter l’énorme facture d’importation des voitures neuves ayant dépassé les 7 millairads de dollars en 2013. 
Pour justifier ces restrictions réglementaires, les autorités algériennes ont mis en exergue les nombreuses sombres pratiques de la surfacturation auxquelles plusieurs concessionnaires ont recours pour transférer leurs bénéficies en devises à l’étranger. Ces derniers temps le groupe Elsecom de la famille Achaïbou a été particulièrement ciblé par des révélations médiatiques l’accusant d’avoir versé dans ces pratiques scabreuses durant des années. Un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) paru le 16 février 2015 a été révélé par un journal électronique pour accabler la frères Achaïbou qui travaillent dans la concession automobile depuis les années 90.
Une partie de ce rapport de l’IGF parle effectivement de certaines pratiques douteuses qui ont entouré l’importation de quelques véhicules de la marque Ford depuis la Turquie. A cette époque-là, Ford était une marque appartenant au groupe Elsecom.
Algériepart a obtenu en exclusivité de nouveaux documents exclusifs qui retracent l’histoire de ces véhicules fournis à Elsecom par un intermédiaire turc réputé pour ses pratiques financières très suspectes.
Selon nos investigations, l’importation des véhicules Ford via cet intermédiaire turc est en réalité un phénomène limité et isolé. Et pour cause, la facturation des opérations d’importation réalisées pour la marque Ford est quasiment effectuée à partir de la maison mère « Ford » située aux États-Unis. Seulement l’expédition des véhicules est opérée à partir de plusieurs pays, à l’instar de l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, l’Inde, la Turquie, la Pologne, les États-Unis et le Maroc.
D’ailleurs, le rapport de l’IGF reconnaît en partie que la facturation est effectivement établie par la maison-mère Ford Trading Company, située aux Etats-Unis et l’expédition s’effectue selon un dispatching du constructeur FORD, en fonction des programmes de production des usines FORD à travers le monde. Beaucoup de médias algériens semblent avoir omis de souligner cette conclusion des services de l’IGF.
Il n’y a eu finalement qu’un petit nombre de voitures qui ont été importés depuis la Turquie à travers l’intermédiaire turc dénommé ardasya Ic ve ticaret ve bligsyar hizmelri ltd.sti. Les documents en notre possession, des factures originales, démontrent qu’il n’y a eu qu’un (01) véhicule Fiesta et d’un (01) véhicule Kuga 4×4 importés par les Achaibou de chez Ardasya, dans des conditions exceptionnelles. Selon nos recherches, ces deux (02) véhicules de nouvelle gamme jamais n’étaient pas destinés à la vente, mais exclusivement réservés à l’exposition au Salon International d’Alger 2014 pour un (01) véhicules Kuga 4×4, et à la présentation d’un (01) véhicule Fiesta, en échantillon doté de plusieurs
équipements (à l’exemple d’airbags genoux), pour satisfaire aux conditions de soumission du cahier des charges d’un appel d’offres lancé par la DGSN.
De son côté, le concessionnaire Abderrahmane ACHAIBOU qui commercialisait  et représentait la marque FORD en Algérie aux moments de ces faits a fait savoir à Algériepart  qu’il a importé ces deux (02) véhicules de chez Ardasya “en accord et sur orientation du constructeur de la marque FORD”.
Notre interlocuteur s’est interrogé enfin sur les motivations réelles des ces révélations accablantes qui ciblent son groupe Elsecom au moment où il multiplie les dénonciations à l’encontre de l’ancien ministre de l’Industrie, Abdesslam Bouchouareb. Avec la publication prochaine de la nouvelle liste des opérateurs autorisés à assembler et produire des voitures neuves en Algérie, le marché automobile algérien n’en finira pas de connaître de nouvelles révélations. Algériepart poursuivra ses investigations.