La fédération algérienne de football (FAF) continue de s’enfoncer dans une crise de fonctionnement qui soulève de nombreuses interrogations sur la capacité des actuels dirigeants à mener le football algérien à bon port. Et cette fois-ci, c’est l’argent du sponsoring qui dévoile les faiblesses d’une FAF aux bois. 

En effet, depuis plusieurs semaines, une gabegie totale règne au sein de la FAF. Officiellement, l’instance dirigeante censée veiller sur le développement du football professionnel algérien est liée à Mobilis via un contrat d’exclusivité concernant les droits marketing et de publicité pour la période 2015-2019. Pour ce bénéficier du privilège exclusif d’utiliser l’image de l’équipe nationale et du championnat de football algérien, Mobilis a dépensé pas moins de 2,4 milliards de Da, à savoir près de 23 millions d’euros.

Une somme colossale qui a permis de renflouer les caisses de la FAF. Ceci dit, il semble que ce contrat n’est pas totalement respecté par les responsables de la FAF qui ne veillent pas sur le respect de sa stricte application. Preuve en est, le propre entraîneur de l’équipe nationale s’affiche avec un autre sponsor, un opérateur et concurrent direct, de surcroît, à Mobilis. Rabah Madjer poursuit effectivement ses campagnes publicitaires avec son sponsor Ooredoo. Séances dédicaces, rencontres avec les fans, spots publicitaires, le premier responsable de l’équipe nationale sert la cause du concurrent direct du sponsor officiel et exclusif de la FAF. Un cas inédit dans le monde. Une véritable “anomalie”, juge un professionnel du marketing sportif à Alger.

L’entraîneur incarne tout de même le patron de l’équipe nationale. Le caoch fait partie intégrante de l’image de l’équipe nationale. Ailleurs dans le monde, plusieurs fédérations nationales de football imposent une gestion rigoureuse de l’utilisation commerciale de l’entraîneur et des joueurs en tant que “patrimoine” de l’équipe nationale.

En Algérie, personne ne sait si dans la convention signée entre Mobilis et la FAF, ces cas de figure ont été pris en considération. Quoi qu’il en soit, il paraît illogique que le sponsor officiel de la FAF ne bénéficie pas des services du coach de l’équipe nationale après avoir consenti à un investissement de 23 millions d’euros, soit deux fois et demie le montant du contrat qui liait la FAF  avec son concurrent Ooredoo durant les années 2010-2014.

Et il n’y a pas que Rabah Madjer qui ne semble respecter les principes de cette gestion de l’image de l’équipe nationale. Même les joueurs sont partis individuellement négocier leurs propres contrats de sponsoring avec des opérateurs concurrents de Mobilis. A titre d’exemple, Ryad Mahrez, la star de l’équipe nationale, vient de signer un contrat avec… Djezzy !

Le meilleur joueur de l’équipe nationale devient l’ambassadeur de Djezzy.  Ce dernier doit consacrer une partie de son temps au soutien du nouveau projet de promotion des sports urbains et des des E-Sports de Djezzy. A quoi servent donc les 23 millions d’euros versés par Mobilis dans les caisses de la FAF ? La question est évoquée par tous les professionnels algériens du marketing. Et aucun responsable de la FAF ne semble pouvoir y apporter une réponse.