Il n’y a pas que la lenteur de la connexion internet et la faiblesse de l’infrastructure d’Algérie-Télécom qui désavantagent sérieusement le développement du web made in Algérie. La gestion des noms de domaine est l’autre “épine plantée dans le pied” du développement numérique algérien. 

Il s’agit de l’autre “catastrophe” dont personne ne parle alors que les enjeux sont majeurs. Et pour cause, le nom de domaine .dz est un axe majeur nécessaire au développement du contenu numérique algérien. Partout dans le monde, le nom de domaine est une référence vitale qui permet de situer un pays dans le village connecté qui est la planète d’aujourd’hui.

Or, en Algérie, tout est orchestré pour saboter le développement du “.dz.” Preuve en est, le Centre de recherche sur l’information scientifique et technique, plus connu sous le sigle CERIST, impose des restrictions réglementaires et une bureaucratie insensée, pour délivrer un nom de domaine .dz. Il faut savoir que l’extension la plus utilisée au monde est le .com

Chaque pays dispose aussi d’une extension qui lui est propre : en France c’est le .fr, aux USA, c’est le .us, en Espagne le .es…etc. Et en Algérie, nous avons le .dz. La seule autorité responsable de l’octroi d’un nom domaine sous l’appellation “.dz” est le CERIST.

Dans la majorité des pays du monde, il est possible de réserver un nom de domaine en quelques clics en s’acquittant d’un petit prix allant de moins d’un dollar jusqu’à une dizaine de dollars pour les .com, .net…etc.

Dans presque tous les pays du monde, la réservation se fait en ligne et la procédure est toute simple : on vérifie, d’abord, si le nom est disponible ou pas avant de pouvoir le réserver.

En Algérie, la procédure est d’une complexité sans pareille dans le monde ! Le CERIST impose aux demandeurs du .dz de fournir tout un dossier : registre de commerce , formulaire remplis signé et cacheté , agrément de création d’une association ou document délivré par l’INAPI (institut national algérien de propriété industrielle).

Les documents doivent être scannés et transmis au CERIST dont le personnel sera chargé de traiter et contrôler ces documents. Un traitement qui peut durer plusieurs jours, voire des semaines. Régulièrement, le services du CERIST opposent une fin de non-recevoir aux demandeurs qui postulent pour un “.dz”

Oui, le “.dz” est aussi prestigieux que le… visa Schengen ! Face à cette incroyable gabegie, de nombreuses entreprises, organismes ou simples internautes finissent par abandonner le “.dz” et optent pour le “.com”.

Cette anomalie porte un énorme préjudice à l’Algérie qui se retrouve totalement absente du réseau le plus utilisé à travers la planète : l’internet ! A cause de cette gestion bureaucratique du nom de domaine, la majorité écrasante des sites algériens sont inscrits en .com.

Institutions publiques, startups ou simples particuliers, tout le monde est pénalisé en Algérie en raison de cette “bureaucratie numérique” unique en son genre. Il est temps de réformer en urgence le CERIST pour mettre un terme à cette mascarade qui compromet l’avenir du développement des TIC dans notre pays.