Algériepart a révélé en exclusivité hier lundi que l’homme d’affaires Ayoub Aissiou a obtenu officiellement un pré-agrément pour lancer une usine de montage des véhicules en partenariat avec le constructeur américain Ford. Nous avons soulevé de nombreuses interrogations concernant la faisabilité et la fiabilité de ce projet. Algériepart a poursuivi ses investigations pour obtenir de nouveaux documents exclusifs qui relatent la véritable histoire de l’installation de la célèbre marque américaine en Algérie. 

Ainsi, selon les documents en notre possession, l’homme d’affaires Ayoub Aissiou a bel et bien signé le 28 novembre 2017 un accord de partenariat avec la maison-mère de Ford.

Contrairement à ce qui a été avancé par plusieurs sources bien introduites dans le délicat secteur de l’automobile, l’entrepreneur Ayoub Aissiou n’a pas négocié avec des distributeurs, fournisseurs ou intermédiaires implantées en Turquie et réputées pour leur passivité face aux pratiques de la surfacturation et des transferts illicites de devises. Les documents en notre possession démontrent effectivement que l’accord de partenariat a été signé par un haut cadre de la maison-mère de Ford. Il s’agit de Jacques Brent, président du groupe automobile américain dans la région MENA.

Nous avons appris également au cours de nos investigations qu’un accord d’association a été signé plus tard, à savoir le 15 janvier 2018, entre le groupe d’Ayoub Aissiou et Ford International Business Developpment Incorporated. En vertu de cet accord, le groupe Ford a accepté de devenir actionnaire de la la société algérienne qui procédera au développement du projet de l’usine de montage de ses véhicules en Algérie. Et c’est toujours Jacques Brent, le haut responsable de Ford qui a signé cet accord qualifié d’historique par certains connaisseurs du marché automobile. Et pour la première fois, le constructeur américain va consentir à un investissement direct dans un projet industriel en Afrique. Ford détiendra, selon nos documents, au moins 5 % de la Sarl Atlantis Motors Compagny qui va bâtir l’usine Ford à Oran, au niveau de la zone  industrielles d’Es-Senia.

Selon nos sources, c’est la première fois en Afrique que Ford est actionnaire d’une usine industrielle. Pour séduire les américains et les convaincre de faire partie de cette aventure algérienne, l’homme d’affaires Ayoub Aissiou a mis en exergue deux atouts industriels : son investissement dans l’acier à travers les Aciéries de l’ouest et dans le plastique à travers la Sarl Clic Plast. La production de ces deux sociétés devra fournir à l’usine Ford en Algérie les matériaux nécessaires pour lui permettre de fabriquer des composants importants des futurs véhicules qui seront assemblés à Oran. Avec cette stratégie, Ford pourra développer plus facilement son taux d’intégration et atteindre ainsi les objectifs fixés par le cahier de charges établi par les autorités algériennes.

C’est dans ce contexte que l’américain FORD a accepté de s’implanter en Algérie en développant d’immenses ambitions afin de concurrencer les autres constructeurs français, allemands et sud-coréens. En choisissant comme partenaire Ayoub Aissiou, Ford espère se déployer en force dans le deuxième marché africain de l’automobile. S

Signalons en outre qu’un crédit bancaire de près de 200 millions dollars a d’ores et déjà été débloqué au profit de ce projet par un consortium de banques étrangères installées à Alger. Un consortium conduit par l’AGB et la Trust Bank Algéria. Ce crédit permettra de financer les infrastructures de la future usine de Ford à Oran et les autres investissements nécessaires pour développer ses équipements.

Soulignons enfin que plusieurs hauts responsables du RND ont assuré à Algériepart que l’homme d’affaires Ayoub Aissiou n’a jamais financé la moindre campagne électorale du parti d’Ahmed Ouyahia. Le jeune homme d’affaires de 35 ans connaît, certes, Abdesslam Bouchouareb, mais nous n’avons trouvé aucune preuve démontrant la moindre “liaison dangereuse” entre l’ancien ministre et l’entrepreneur partenaire de Ford en Algérie. Selon plusieurs sources proches du ministère de l’Industrie, Ayoub Aissiou a subi, lui-aussi, de nombreux blocages à l’époque de Bouchouareb. “Comment a-t-il pu alors tirer avantage d’une situation où il était lui-même ralenti et pénalisé dans ses investissements ?”, s’interroge enfin une source très proche de ce dossier.