Le ministère de l’Industrie a décidé ce lundi d’accorder un pré-agrément à pas moins de 40 concessionnaires qui ont déposé leur dossier pour réclamer l’autorisation de lancer une usine de montage des véhicules en Algérie. 

Selon nos investigations, c’est le ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, qui a délivré ses pré-agréments. Et contrairement à ce qui a été annoncé par de nombreux médias nationaux, Ahmed Ouyahia n’a encore signé aucune nouvelle liste comprenant des opérateurs autorisés à construire des usines de montage automobile en Algérie.

Ces 40 concessionnaires ont uniquement bénéficié de l’accord de Youce Yousfi. Leurs dossiers seront transmis ensuite au Conseil National de l’Investissement (CNI) qui les étudiera au cas par cas pour donner son feu vert. Officiellement, sans l’accord du CNI, aucun projet de montage ou d’assemblage des véhicules n’est légal ou autorisé en Algérie. Le CNI commencera à étudier les dossiers de ces 40 concessionnaires à partir de lundi prochain.

La signature d’Ahmed Ouyahia intervient lorsque le CNI délivre sa décision définitive. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Ahmed Ouyahia a placé le CNI sous son égide. Un chargé de mission a pour tâche d’assurer la coordination entre les services du Premier-ministère et le CNI.

Il est à souligner enfin que ces mesures prises par le ministre de l’Industrie ont suscité de nombreuses interrogations. Peut-il y avoir une quarantaine de fabricants de véhicules dans un pays aussi sous-développé économiquement que l’Algérie ? Même dans les pays les plus industrialisées de la planète, il n’y a jamais eu une quarantaine d’usines de montage des véhicules neufs. C’est dire enfin que cette décision va faire couler beaucoup d’encre et relancera plus que jamais le débat sur la fiabilité de ce gouvernement et sa capacité à gérer les dossiers économiques les plus complexes. Nos dirigeants sont-ils réellement à la hauteur des enjeux actuels de notre époque ?