Monsieur Mokthar Hasbellaoui, Monsieur le Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, 
Je suis citoyen et résident algérien, je suis de cette « population » que vous administrez et je suis révolté par votre médiocrité.
Frappé par l’idée d’un espoir que le Premier Médecin d’Algérie soit un médecin de formation, un profane en politique, loin des rouages, j’aurai pu me réjouir de votre nomination, tout comme ceux qui survivent dans ce système de santé, ceux qui l’ont quitté et se sont exilés ou ceux qui iront bientôt se réfugier en France, répondant à leur appel du pied.
Qui aurions-nous pu souhaiter de mieux à la tête de la Santé, toute prétention mise à part, que d’avoir un professeur émérite, chef de service chevronné, chirurgien adroit, ex-conseillé auprès du Ministre prédécesseur.
Qui aurions-nous pu souhaiter de mieux à la tête de la Santé, que d’avoir un homme de savoir, de pédagogie, de maitrise et de déontologie comme Premier Médecin d’Algérie. Mais c’était sans compter que les derniers seront les premiers, dans l’autre réalité ! C’était sans compter que l’ère de la médiocrité politique extrême ait commencé. Ce courant n’épargnant pas notre classe politique, elle ne vous épargnera pas.
Monsieur le Ministre, on ne fait pas de son ignorance et de son incompétence un programme de santé. La médiocrité n’est pas non plus une option lorsque l’on entreprend des réformes. On ne joue pas avec l’avenir d’un secteur, d’une collectivité, d’une population, d’une nation. On ne joue ni avec la vie de malades, ni avec la main qui les soigne.
Gouverner exige de la rigueur Monsieur le Ministre, du sérieux, de la capacité à mener ses administrés dans la bonne direction. Avoir une vision, concevoir le futur tout en se servant judicieusement du présent n’est pas facile. Mais, répondre comme vous vous efforcer à le faire, avec un discours stérile, dénué de sens et dépourvu d’objectif et irresponsable n’est pas faire honneur à la fonction ni une bonne manière de servir.
La Santé mérite beaucoup mieux qu’un porte-voix médiocre. La Santé mérite beaucoup mieux que vous.
Pour moi, Monsieur le Ministre, vous représentez le contraire de ce qu’une tradition de médecin exemplaire en Algérie pouvait avoir de noble et représenter pour nous “population”.  L’important n’est pas d’être Ministre, mais d’être digne de l’être.
En un amoureux profond de la santé publique, quittez-la pour son bien, et le bien de tous et laissez la place à ceux qui savent, ceux qui veulent, ceux qui peuvent. Quittez et laissez la compétence, le courage, la diligence dire, affronter et agir à votre place.
Quittez si vous ne voulez pas que votre propre ministère et votre gouvernement ne soient plus affaiblis.  Restez et être le zéro, pardon le héros d’un gouvernement déchu. C’est le seul et dernier cadeau qu’on puisse vous faire.
S’engager en politique, oblige au minima de maîtriser l’art de la rhétorique et du verbe. Votre absence de pensée ou de jugement, quelle étrange déconvenue pour un Ministre de la République !
Car voyez-vous, Monsieur le Ministre, depuis votre grand oral, lors de votre interview télévisée en prime-time sur la chaine publique d’Etat, à l’écoute de vos déclarations, je suis atteint d’un haut-le-cœur qui ne me quitte plus, jour et nuit.
Quel bel exercice de médiocrité !
Pour sûr, vous vous écoutiez parler, « et moi, et moi et moi …», mais vous êtes-vous réécouter. Moi j’ai pris cette peine de visionner en boucle votre prestation, et je suis las. Vos paroles sont un arquétype d’une bouillie politico-démago-sentimentale, manquant de préparation et de vocabulaire, où, déjà vous vous déresponsabilisez, rejetant la balle à vos « collègues» du gouvernement.
Vous nous avez offert un spectacle de désolation politico-médiatique, auquel s’additionne les jours qui suivent votre inaction déplorable qui suscite chez moi un profond malaise qui ne peut me laisser rester muet. Aujourd’hui, vous mettez les pieds dans cette crise, dans notre crise j’utilise « notre » à bon escient, ce système m’appartient autant qu’à vous, à vous autant qu’au peuple. Aussi j’ai un droit de regard sur votre administration et votre gestion.
Le système actuel qui s’essaye à battre tous les records en négatifs , prêt à entrer dans le Guinness mais du mauvais côté , prouve ses limites tous les jours et se mord la queue. Il souffre d’une désespérance grave en son sein et est en train de perdre le sens même de service public. Les signaux d’alertes ont depuis longtemps franchis le seuil normal. Ce système de santé qui l’était je l’accorde en crise avant l’arrivée du Ministre Hasbellaoui, et qui l’aura été pendant son règne mais ce qui est certain, ce dernier restera en crise après son départ.
Maghnine Mohamed Lamine