En Algérie, avant même d’installer leurs usines de montage des véhicules, les investisseurs français peuvent bénéficier de tous les avantages fiscaux. Preuve en est, le constructeur français Peugeot et Renault Trucks, le fabricant français qui développe, assemble et vend des véhicules industriels et utilitaires, vont obtenir a partir de lundi l’accord officiel du Conseil National de l’Investissement (CNI) pour pouvoir importer les kits d’assemblage de leurs véhicules sans s’acquitter de plusieurs taxes dont la fameuse et célèbre TVA à 19 %. 

Algériepart a obtenu cette information exclusive auprès de plusieurs sûres proches du ministère de l’Industrie et des deux constructeurs français. Cette décision risque de bouleverser radicalement les rapports de force au sein de la naissante industrie automobile algérienne.  Les deux constructeurs français n’ont pas encore officiellement mis en place leurs usines de production. Pis encore, Renault Trucks ne figure même pas sur la liste des 5+5 producteurs agréés par les services du Premier-ministre pour exercer l’activité du montage des véhicules en Algérie.

Il s’avère, désormais, que cet agrément n’est plus qu’une simple formalité pour le français Renault Trucks, une filiale du groupe suédois AB Volvo depuis 2001. Depuis avril 2016, Renault Trucks a pour ambition de lancer une usine à Meftah dans le wilaya de Blida, baptisée SOPROVI, en partenariat avec  BSF Souakri (Briqueterie des Frères Soukri), qui détient 51% du capital de ce futur projet. Le partenaire algérien de Renault Trucks a soulevé de nombreuses interrogations car il s’agit d’une entreprise familiale fondée par les frères Souakri, spécialisée dans la production de produits rouges destinée au BTP et à la construction. Il n’a aucune expérience dans le monde automobile qui lui permet de pouvoir développer un projet aussi ambitieux.

Et malgré cela, les autorités algériennes n’ont pas hésité à lui accorder d’importants avantages fiscaux et parafiscaux qui lui permettront d’engranger d’importantes parts de marchés en Algérie.

Quant à Peugeot, son projet est à peine débloqué sur le papier. Et son usine, qui se situer dans l’oranie, n’a pas encore vu le jour. Pourquoi le CNI s’est-il empressé à lui octroyer d’aussi précieux avantages ? Selon plusieurs sources bien introduites au sein du sérail, ce sont les très fortes pressions françaises qui ont bousculé le gouvernement algérien. La France défend bec et ongles ses entreprises présentes en Algérie et ne veut nullement voir leurs concurrents leur voler le succulent “gâteau algérien”.

Quant aux autres projets algériens inscrits sur la “liste d’attente”, leurs promoteurs doivent toujours prendre leur mal en patience car il n’y a personne, semble-t-il, qui se préoccupe de leur sort.