« Ne vous inquiétez pas, je vous assure que nous avons donné des instructions fermes pour enclencher une grosse enquête sur ce dossier ». C’est avec ces termes qu’un haut responsable au gouvernement a tenu à rassurer la délégation qatarie dépêchée depuis Doha à Alger mardi et mercredi dernier pour plancher sur les blocages inédits dont souffre depuis plusieurs mois la filiale algérienne l’opérateur de téléphonie mobile Ooredoo. 

Selon nos investigations, une rencontre secrète s’est tenue mercredi à Alger entre 4 importants membres du Conseil d’Administration d’Ooredoo Qatar, la maison-mère d’Ooredoo Algérie, et ce haut responsable politique et représentant du gouvernement algérien. C’est l’ambassadeur du Qatar à Alger, Ibrahim Ben Abdelaziz Sahlawi, qui a conduit ces 4 dirigeants d’Ooredoo, dont un « Cheikh » influent et très proche des autorités qataries, à cette rencontre secrète. Les membres du Conseil d’Administration d’Ooredoo ont voulu comprendre les raisons du blocage dont est victime Hendrik Kasteel, le DG d’Ooredoo Algérie, qui a été privé de son permis de travail et empêché de fouler le territoire national.

Cette « éviction » brutale a choqué les qataries qui ne comprennent toujours pas pourquoi leur DG est devenue une persona non grata en Algérie. Selon nos sources, le haut responsable algérien a voulu rassurer les partenaires qataris en reconnaissant que des « réseaux d’affairistes » sont à l’origine des perturbations ayant ébranlé le top management d’Ooredoo Algérie.

Les qataris ont quitté cette réunion avec la ferme intention de poursuivre leurs pourparlers avec les autorités algériennes dans le but de trancher sur le sort du DG Hendrik Kasteel. Selon nos informations, deux courants divisent le Conseil d’Administration d’Ooredoo : le premier reste attaché au maintien de Kasteel, le deuxième est favorable à son remplacement dans les plus brefs délais.  A Alger, l’absence du DG d’Ooredoo compromet dangereusement le fonctionnement de cet opérateur de téléphonie mobile qui compte au moins 14 millions d’abonnés.

L’incertitude qui règne en ce moment à la direction générale d’Ooredoo Algérie inquiète et préoccupe en premier lieu les employés de l’opérateur de téléphonie mobile, mais également tous les observateurs et acteurs des télécoms dans notre pays.