Selon Maghreb Confidentiel, les négociations entre l’Armée nationale populaire (ANP) et l’italien Alenia, pour l’achat de six avions de reconnaissance, prennent un tour urgent pour les militaires algériens­ !

Ces six MC27-J Spartan vont en effet devoir remplacer en catastrophe trois Gulfstream G550 acquis à prix d’or auprès de Raytheon, et qui dorment aujourd’hui dans des hangars à ­Oklahoma City. Révélations.

Commandés en 2016, ces trois appareils auraient dû rejoindre rapidement l’Algérie. Mais tout est allé de travers sur ce contrat avoisinant un Milliard de dollars US, négocié directement par le Chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, sans trop s’encombrer des souhaits exprimés par l’armée de l’air selon la même lettre d’informations confidentielles.

Alger aurait demandé l’intégration des meilleures technologies au catalogue du fabricant américain ­: caméra oblique longue portée LOROP DB-110, radar à synthèse d’ouverture, sans oublier toute la panoplie de modules d’interception des communications électromagnétiques.

Mais la mise en place d’un tel nombre de senseurs s’est avérée plus délicate que prévu, d’autant que Raytheon a peu d’expérience en matière d’intégration aéronautique.

Le groupe s’est d’ailleurs in fi­ne tourné vers un spécialiste basé à Oklahoma City, Field Aerospace, cite le média en ligne. Mais celui-ci, connaissant mal le Gulfstream, a lui-même rapidement calé devant la tâche.

Lui aussi choisi par Ahmed Gaïd Salah, l’avionneur italien a bien dans son catalogue une version ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) de son appareil initialement conçu pour le transport. Mais son rayon d’action est bien moindre ­que celui du Gulfstream auquel il va devoir se substituer­ : 1.­800­km au lieu de…12.­000­km, indique la même source.

Surtout, le Gulfstream n’existe que sur papier ­glacé ­: aucun pays n’en aurait fait l’acquisition, malgré l’intérêt du Canada.

Selon l’analyse de Maghreb Confidentiel, les aviateurs algériens craignent d’essuyer les plâtres, et que la livraison des trois appareils ne s’éternise. Or, il y a urgence­ : alors que l’ANP est plus que jamais en alerte rouge, sa flotte ISR est à la peine.

Les douze Beechcraft 1900D, livrés entre 2000 et 2002, arrivent en bout de piste, et le coût de leur modernisation est jugé prohibitif.

Restent les intercepteurs MiG-25 convertis en avions-espions. Mais ils sont fort peu adaptés aux missions de surveillance du territoire ou de lutte antiterroriste soutient le même média .­

 

L’ANP À LA MANŒUVRE SUR TOUS LES FRONTS, MAIS SANS ALLIÉS.

 

Les retards du contrat Gulfstream interviennent au pire moment pour les militaires algériens, affirme la même source avant d’ajouter qu’outre la surveillance du ”frère ennemi” marocain, l’ANP a dû démultiplier son dispositif à la frontière libyenne depuis la chute du régime Kadhafi, en 2011.

Et tout défaut de vigilance a des conséquences tragiques, comme l’a rappelé l’attaque du site gazier d’In Amenas en janvier 2013.

Les frontières malienne et nigérienne nécessitent aussi une vigilance constante, poursuit le média en ligne, et les services de renseignement militaire algériens prêtent main-forte à leurs homologues tunisiens pour réduire les maquis djihadistes opérant entre les deux pays.

Or, pour répondre à toutes ces urgences, l’Algérie est de plus en plus isolée. Le pays fait cavalier seul sur le dossier libyen, multipliant les efforts de médiation sans grand succès.

Pas question non plus d’intégrer le G5 Sahel, la force militaire réunissant Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad. Cette “coalition”, visant à sécuriser le Sahel – qu’Alger estime être son pré carré -, a le défaut d’être soutenue par la France et généreusement financée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Au même moment, comme l’a révélé une autre source, le journal Intelligence Online, le Maroc s’apprête à recevoir quatre Gulfstream, payés par Riyad et Abu Dhabi et équipés du nec plus ultra des technologies de surveillance américaines et israéliennes.

Ces avions seront fournis par le fabricant d’armes américain Raytheon qui embarqueraient le système Raytheon Sentinel, connu sous le nom d’ASTOR (Airborne Stand-Off Radar) comme l’évoque Intelligence Online.

Ils pourraient également embarquer une plateforme fabriquée par le Canadien Bombardier, tandis que la compagnie israélienne « Elta Systems », filiale de : Israel Aerospace Industries (IAI), serait engagée dans le projet de manière invisible…

Le journal libanais Al-Akhbar, citant Intelligence Online, aurait écrit que Elta Systems avait pour mission d’intégrer des équipements offensifs à bord des avions équipés d’un système de renseignement pour intercepter des signaux utilisés dans des conversations d’individus ou d’autres signaux qui ne sont pas directement impliqués dans des conversations…

Selon ce même article, les États-Unis auraient donné leur aval au transfert de technologies d’espionnage, d’écoute et de reconnaissance au Maroc. Ces technologies seraient beaucoup plus modernes et sophistiquées que celles que Washington voulait vendre à l’Algérie d’après ces sources.