Un accord a été signé le 24 janvier dernier entre la société nationale des Tabacs et allumettes et des investisseurs émiratis. Une société « mixte » a été créée. Une société qui met, désormais, la SNTA en minorité face à des émiratis, devenus conquérants.

Cela a suffit pour faire sortir la secrétaire générale du Parti des Travailleurs de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi à Alger, Louisa Hanoune a indiqué que cela « ressemble à une privatisation déguisée ». «49% des actions sont revenues à la SNTA, alors que le partenaire émirati a obtenu 41%. Mais cinq individus, quatre émiratis et une algérienne, détiennent 2% chacun. Et cette personnalité algérienne soutient toujours les émiratis», a déclaré Hanoune. Pour celle-ci, «le partenaire émirati a commencé par s’accaparer des unités commerciales à taux très fort de valeur ajouté», avant de faire de même, ces derniers jours, «avec la production».

Plus que cela, la secrétaire générale du PT a dénoncé le licenciement d’une partie du personnel. «Il y a eu licenciement de 1 100 travailleurs sans indemnités. Des travailleurs qui ont été recrutés à nouveau avec des contrats à durée déterminée (CDD). Les 18 travailleurs qui ont refusé de signer leurs contrats d’emploi précaires ont subi des menaces de toute nature. Ils ont même tenté de les corrompre», a-t-elle dénoncé.

Plus globalement, la femme politique dit ne pas comprendre pourquoi vendre une société qui dégage des bénéfices. «Est-il acceptable de céder une entreprise publique qui fait 3 900 milliards de centimes de bénéfices nets d’impôts ?», s’est-elle interrogée.

La société nationale des Tabacs et allumettes a créé depuis 2002 une société avec les émiratis, dénommé STAEM, spécialisée dans la fabrication de tabacs de marques internationales. L’usine est située à Koléa dans la wilaya de Tipaza.