Le bras de fer continue entre les services publics et les médecins résidents grévistes après plus de deux mois de contestations.

La Direction Générale du CHU de Mustapha Bacha vient de hausser le ton à travers une note ou il indique clairement aux professeurs chefs de service de signaler tous les absents pour sanctions.
La justice qui a déclarée grève illégale, a-t-elle pris en compte le fond du problème soulevé par les conditions de travail,  et d’hébergements des médecins résidents?
Nous avons pu obtenir le témoignage d’un médecin résident parti à la découverte des postes du service civile (les plus attractifs) en 2017 et qui concernent une seule spécialité : La gastroentérologie.
Selon nos informations, la Répartition du service civil de Mars 2017 indiquait que 44 postes étaient ouverts dans 34 hôpitaux, répartis sur 26 wilayas.
Sur ces 44 postes, seulement 8 (18%) se situaient dans le grand sud, dont seulement 2 de durée de 1 an, tous les autres postes (42) étaient de durée obligatoire équivalente à au moins 2 ans.
Notre médecin résident a été tenté dès l’apparition de la liste des postes à aller voir de lui même quelles étaient les conditions réelles de travail in situ, il a pu visiter 11 hôpitaux.
Le premier centre hospitalier visité était le petit hôpital de M’cheddelah dans la wilaya de Bouira, dépourvu de matériel d’endoscopie à la période ou il s’y est rendu, il n’y avait même pas de radiologue selon les autres médecins y exerçant, ce qui laisse imaginer toutes les difficultés pour cette spécialité dans cette zone.
Conditions de travail Résidents CHU
Les logements n’étaient pas disponible selon les aveux même de ses confrères.
Il a ensuite visité l’Hôpital de Tablat, ou il a été bien reçu par la direction mais où il n’y avait malheureusement pour matériel rien d’autre qu’un sigmoidoscope optique.
A l’hôpital de Medjana, wilaya de BBA, notre source nous déclare avoir été reçue très courtoisement par le Directeur de l’Hôpital, dans cette établissement l’endoscopie vidéo haute et basse étaient disponibles, le logement aussi, mais il se trouve que les deux postes ouverts par le ministère pour cette session-là étaient de trop !! en effet, l’hôpital ayant déjà un gastroentérologue, il ne pouvait en rajouter qu’un seul et non pas les deux qui étaient sur la liste, le surnuméraire se retrouverait donc d’emblée affecté ailleurs par la DSP…
Pourquoi le ministère décrète des postes alors qu’ils n’existent pas dans les faits?
Notre médecin résident décide alors d’aller voir quelques postes à l’ouest de l’Algérie : direction la wilaya de Naama.
Sur place il existe deux hôpitaux, celui de Naama chef lieu, le seul matériel disponible est un simple fibroscope optique souvent en panne, l’autre Hôpital de la wilaya est celui de Mechria, hôpital mixte (militaire/civil) qui est, plus grand que celui du chef lieu et qui était plus équipé, un confrère de la même spécialité a d’ailleurs confirmé la disponibilité de matériel de vidéoendoscopie haute, et que la coloscopie allait bientôt arriver, l’unité d’endoscopie semblait propre et bien équipée, et le personnel sérieux, avec un service bien tenu. A noter que ces deux hôpitaux de la wilaya Naama proposent des logements de fonctions.
Chambre Résidents Mustapha Bacha
De son dernier périple à l’est le médecin résident visite Barika dans la wilaya de Batna (Hôpital Slimane Amirat), l’endoscopie y était absente, la disponibilité du logement incertaine car la priorité était donnée aux chirurgiens et gynécologues vu les besoins de l’hôpital en spécialités essentielles…
Dans la même wilaya, la visite de l’hôpital d’Ain Touta les médecins spécialistes sur place déploraient une direction scélérate qui selon leur dires ne voulait même plus les recevoir en entretien, des gardes non rémunérées, des demandes de matériel sans suite, les logements de fonction en manque..
Bureau de consultation CHU d’Oran
Il faut savoir que suite à un bogue informatique, la répartition du service civil avait été retardée d’1 mois, bien évidemment non rémunéré.

Une personne de la promo de janvier qui directement rejoins son poste en Avril reçoit sa première paye au minimum en Juillet et dans le meilleur des cas, je vous laisse le soin d’imaginer les conséquences sur la prise en charge personnelle et familiale..” nous indiquera notre source.
Ce témoignage nous renseigne sur les difficultés que rencontrent les médecins résidents dans le cadre du service civil, et que les pouvoirs publics se doivent, à notre avis, de prendre en considération pour le bien des principaux concernés au final : les patients.