Après avoir défié leurs tutelles, certains syndicats se rebellent désormais contre la justice. C’est le cas de deux organisations syndicales relevant du secteur de la santé qui ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève malgré des décisions de justice invalidant ces mouvements.

La semaine dernière, dans le sillage de plusieurs mouvements de grève, le ministère de la Santé avait saisi la chambre administrative du Tribunal d’Alger pour faire annuler la grève des médecins résidents. Ces derniers ont refusé de se soumettre à la décision de la justice et décident, donc, de poursuivre leur mouvement de protestation. La seule chose qui les intéresse est visiblement la satisfaction de leurs revendications.

Plus que cela, les médecins résidents veulent aller plus loin dans la radicalisation de leur action. Certains membres du Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens) proposent désormais de couper tout contact avec les responsables du ministère de la Santé. Autrement dit, le dialogue va être rompu et les grévistes ne veulent ni plus ni moins qu’une satisfaction totale de leurs doléances.

En même temps que les médecins résidents, les adhérents du syndicat national des paramédicaux a reçu la même notification de la justice le sommant de cesser son mouvement de grève. La demande a été exaucée sur le champ. Mais les infirmiers n’ont pas tardé à radicaliser, à leur tour, leur action. Ils ont décidé d’outrepasser la décision de la justice et d’organiser, à partir de la semaine prochaine, une grève illimitée.

Cela n’a pas fonctionné avec le syndicat des personnels navigant de Air Algérie. L’ancienne section syndicale a tenté de reprendre la grève au lendemain de la décision de la justice d’invalider leur mouvement. Pis encore, les membres du syndicat ont été suspendus de leurs fonctions. Ils ont été remplacés par d’autres salariés comme représentants syndicaux.

Toutes ces décisions montrent que la situation sociale est très tendue dans le pays.

Saïd Sadia