ThyssenKrupp AG est un géant allemand de la sidérurgie. Il pèse plus de 40 milliards d’euros.  Aciers, Automobiles, Ascenseurs, Technologies, Services, dans ces secteurs, il est leader mondial et détient plusieurs technologies innovantes de transformation de matière première. 

Dans d’autres pays, les autorités déroulent le tapis rouge aux représentants de ce géant allemand de l’industrie. Partout dans le monde, ce groupe est accueilli avec ferveur et enthousiasme. Mais en Algérie, un manager de ThyssenKrupp a vécu une malheureuse mésaventure.

A Ghazaouet, deux investisseurs nationaux privés ont invité fin novembre 2017 un manager de ThyssenKrupp pour visiter l’usine d’Alzinc, une filiale de l’entreprise nationale de métallurgie et de transformation des métaux non ferreux Metanof. Les deux investisseurs privés ont voulu reprendre cette entreprise étatique qui emploie plus de 400 personnes et dont les difficultés financières plongent son avenir dans une totale incertitude. Durant toute l’année 2015, cette entreprise était à l’arrêt et n’a pas produit le moindre lingot de zinc alors que les ouvriers ont continué de percevoir leurs salaires.

Au bord de la faillite et doté d’équipements vétustes, ces deux investisseurs algériens ont pensé formuler une offre financière pour reprendre Alzinc et la transformer en un site industriel qui produira de l’acide sulfurique. Un produit stratégique qui est toujours importé de l’étranger. Les deux privés algériens prennent donc contact avec ThyssenKrupp pour lui soumettre leur projet et tenter de l’associer dans ce projet industriel novateur. Les allemands possèdent la technologie nécessaire et connaissent tous les dessous du marché mondial pour redynamiser cette mourante entreprise publique.

Mais lorsque le manager du groupe allemand débarque à Oran pour se rendre à Ghazaouet, il découvre une toute autre facette de l’Algérie. Des obstacles sécuritaires partout et des dispositifs tellement contraignants et étouffants, le représentant de ThyssenKrupp doit pointer à plusieurs reprises dans un commissariat pour présenter son passeport et se faire accompagner par un cortège de policiers armés jusqu’aux dents.

Choqué par cette atmosphère si tendue, le manager allemand a fini par confier son immense malaise aux deux investisseurs algériens. « Je suis venu ici pour investisseur et je me retrouve dans un commissariat ! », a-t-il lâché. Les deux partenaires algériens ne lui trouvent aucune explication rationnelle pour justifier le bien-fondé de ces mesures très strictes qui compliquent énormément les journées de travail et compromettent l’agenda d’un investisseur. ThyssenKrupp est présent dans plusieurs pays à travers le monde y compris des pays où la situation sécuritaire est complexe.

Mais les allemands ne sont pas habitués à subir de telles entraves pour se rendre uniquement dans une usine où ils doivent inspecter les installations. Finalement, le représentant de ThyssenKrupp manifeste son désintérêt et revient dans son pays sans consentir à la moindre implication dans ce projet de business qui aurait pu sauver des emplois et revivre une entreprise publique menacée de disparition. Déprimés, les deux investisseurs algériens finissent également par enterrer leurs ambitions. Les allemands décident d’aller prospecter dans un autre pays africain nettement plus accueillant et surtout plus sérieux dans leurs comportements avec les investisseurs étrangers. Tant pis pour l’Algérie !