Après le report ou le gel du remaniement ministériel qui était prévu au cours de ce mois de janvier 2018, c’est une autre très délicate opération de changement qui vient d’être bloquée ou suspendue à la dernière minute.  Selon nos investigations, la Présidence de la République envisageait de procéder à un important mouvement dans les rangs des chefs des régions militaires. 

La Présidence de la République avait l’intention d’insuffler du sang neuf à la tête des 6 régions militaires (Oran, Blida, Béchar, Ouargla, Tamanrasset et Constantine). Des généraux-majors devaient permuter, d’autres devaient partir, a-t-on appris de sources sûres proches de la Présidence de la République. Mais ce projet a été bloqué à la dernière minute dans des conditions qui soulèvent de nombreuses interrogations.

Selon des sources militaires proches du ministère de la Défense, la liste des changements souhaités par la Présidence n’a pas été entérinée définitivement par le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la défense nationale et chef d’Etat-major de l’armée nationale et populaire (ANP). Une divergence de vue a opposé la Présidence de la République à Ahmed Gaïd Salah à propos des nouvelles nominations à la tête de ces institutions militaires, considérées comme les piliers de l’armée algérienne. C’est ce qui a retardé ce processus de changement dans les rangs des chefs des régions militaires. Un retard qui a fini par aboutir à un blocage. De nombreuses spéculations circulent pour interpréter ce blocage. Il demeure ainsi très difficile de confirmer ou d’infirmer toutes les informations que nous avons pu obtenir auprès de plusieurs sources concordantes.

Si certaines sources sécuritaires parlent ouvertement de “conflit larvé entre Ahmed Gaïd Salah et l’entourage du président Abdelaziz Bouteflika”, d’autres sources très proches des milieux politiques relativisent ces tensions et parlent uniquement de pourparlers nécessaires pour aboutir à un consensus concernant une décision importante pour le fonctionnement de l’armée, la colonne vertébrale de l’Etat algérien.

En revanche, le problème de la succession d’Ahmed Gaïd Salah, le général âgé de 78 ans, est plus que jamais posée avec acuité. Selon nos investigations, aucun consensus ne s’est dégagé au sommet du pouvoir algérien pour désigner le futur chef d’état-major de l’armée algérienne qui doit prendre la relève. Le nom du Général-Major Habib Chentouf, Commandant de la 1ère Région Militaire, revient régulièrement dans ce dossier. Mais pour l’heure, aucune source officielle ou autorisée ne veut s’avancer pour confirmer cette information. Le flou et le mystère demeurent entiers.