Alors que la grève a été jugée illégale par la justice qui a « ordonné l’évacuation des lieux occupés par les grévistes », les médecins résidents continuent leur mouvement de protestation entamé il y a plus de deux mois, et portant sur des considérations socio-professionnelles.

Les grévistes réclament, entre autres, l’abrogation du service civil qui les oblige à exercer entre un et quatre ans dans des zones parfois reculées, après de très longues études en plus des 12 mois de service militaire, obligatoire pour tous les Algériens.

Le service civil est l’obligation faite au médecin spécialiste nouvellement diplômé d’accomplir une mission sanitaire d’une durée variable d’un an à quatre ans selon la zone géographique (principalement les zones enclavées et du Sud, voir Journal officiel Service civil.)

Aujourd’hui, près de 13.000 médecins résidents exercent au niveau de 14 établissements hospitalo-universitaires basés dans les wilayas du Nord.

Ils sont, ensuite, affectés, dans le cadre du service civil, dans les Hauts plateaux et le Sud pour combler le manque de spécialistes dans ces régions.

Si le collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) demande l’abrogation de l’obligation faite de ce service civil, c’est pour son remplacement par d’autres mesures plus mobilisatrices.

Les grévistes se plaignent des conditions de travail difficiles au niveau des régions vers lesquelles ils sont généralement affectés.

Des conditions difficiles qui se caractérisent, notamment par l’absence de logements, de moyens de transports ou encore de moyens propres à leurs métiers et même d’agents paramédicaux, comme le montre la photo ci dessus du scanner d’In Salah en panne depuis un an…

le Ministère de la santé considère le service civil comme un acte de solidarité nationale et a par la voix de Mr HASBELLAOUI, Ministre de la Santé, appelé les Directeurs de la Santé publique à mettre tous les moyens au profit des médecins résidents, afin qu’ils exercent leur service civil dans les meilleures conditions…

Lors de la réunion du 13 janvier courant entre le Ministre de la Santé et les représentants des médecins résidents, le CAMRA avait indiqué être parvenu à un accord sur certaines revendications mais pas sur celle liée au service national par exemple.

Le Ministère de la Santé avait indiqué qui cela relevait plutôt des prérogatives du ministère de la Défense.

Dans une autre réunion de la commission intersectorielle qui s’est tenue ce mercredi 24 janvier le CAMRA a déploré l’absence d’accord entre les deux parties.

 

La rédaction d’Algeriepart a pu obtenir des documents et des photographies qui vont dans le sens des revendications des médecins résidents, qui interpellent toute la classe politique et l’opinion publique.

On y distingue les surprenantes et choquantes conditions de travail au niveau du laboratoire de l’hôpital d’In Amenas, ainsi qu’un autre document nous renseignant sur les tours de garde assurés par 2 seuls résidents, qui enchainent 372 heures de travail par mois et ce pour 137 DA/ heure…

Un cas qui renseigne sur les conditions déplorables de l’exercice de la médecine dans nos structures hospitalières.

Alors les médecins résidents ont-ils raisons de s’insurger contre le fait qu’ils soient affectés d’office dans des régions isolées pour travailler dans une infrastructure publique durant au moins deux années dans n’importe quelles conditions ?

Nous laissons à nos lecteurs le soin de se forger leur propre opinion.