Grâce à des experts algériens, l’Union Africaine a découvert une vaste opération d’espionnage dont elle fut victime pendant au moins 5 ans.

Des outils d’espionnage indétectables ont été installés secrètement dans les locaux du siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie.  “Lors du 29e sommet de l’UA, en juillet 2017, de nouvelles mesures de sécurité ont été éprouvées Quatre spécialistes venus d’Algérie, l’un des plus gros contributeurs financiers de l’institution, et des experts en cybersécurité éthiopiens ont inspecté les salles et débusqué des micros placés sous les bureaux et dans les murs”, a révélé à ce sujet le prestigieux quotidien français Le Monde au cours d’une enquête publiée ce vendredi.

Une enquête qui révèle comment les dirigeants africains ont été espionnés depuis 2012 par les services secrets chinois. ” Il y a un an, les informaticiens de l’institution, construite en 2012 par les Chinois, ont découvert que l’intégralité du contenu de ses serveurs était transférée à Shanghaï”, explique la même source selon laquelle “chaque nuit, les secrets de cette institution, selon plusieurs sources internes, se sont retrouvés stockés à plus de 8 000 km d’Addis-Abeba, sur des mystérieux serveurs hébergés quelque part à Shanghaï, la mégapole chinoise”.

Ces révélations sont un véritable pavé dans la mare. Elles démontrent toute la faiblesse et naïveté des pays africains qui demeurent désarmés sur le plan technologique face aux grandes puissances de ce monde. Il est à souligner enfin que le siège de l’Union Africaine dans la capitale éthiopienne a été construit  et entièrement équipé par les Chinois. “Les systèmes informatiques ont été livrés clé en main. Et les ingénieurs chinois ont volontairement laissé deux failles : des portes numériques dérobées (« backdoors ») qui donnent un accès discret à l’intégralité des échanges et des productions internes de l’organisation”, précise encore Le Monde.