La prestigieuse Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a  classé notre pays dans la très inquiétante catégorie C avec un risque d’impayés des entreprises “élevé”. Cela signifie que les investisseurs doivent faire très attention avant de mettre leur argent dans des projets situés sur notre territoire national. 

Mais pourquoi cet organisme qui a pour vocation de garantir les entreprises contre les risques financiers à l’export, considéré comme une référence dans le monde entier dans son secteur,  adresse une telle mise en garde à l’attention des investisseurs au sujet de l’Algérie ? La réponse est, en vérité, toute simple.

Notre pays souffre de trois principaux points faibles qui ralentissent dangereusement sa croissance économique et menacent la stabilité des affaires. Il s’agit, d’abord, du chômage des jeunes, de la “forte” dépendance aux hydrocarbures et des lourdeurs bureaucratiques. Ces trois tares font peur aux investissements étrangers et compliquent tout processus d’investissement.

D’ailleurs, en raison de ces trois problèmes majeurs, la COFACE a estimé que “même si le secteur pétrolier a enregistré une forte croissance au cours de l’année, il n’a pas compensé le ralentissement de l’activité hors pétrole”. Et partant de ce constat,  “en 2018, l’économie devrait continuer à ralentir”, a-t-elle précisé dans son rapport annuel sur les risques et prévisions sur 160 pays et 13 secteurs, soulignant que depuis 2014, le soutien public à l’activité a permis de limiter l’impact de la baisse du prix du pétrole sur l’économie algérienne. Toutefois, a-t-elle relevé, face à l’épuisement des ressources financières de l’Etat et la baisse des dépenses publiques, la croissance algérienne a ralenti en 2017.

La poursuite du soutien à la consommation en augmentant les dépenses sociales “se fera au détriment de l’investissement public”, et l’impact de cette mesure sur le pouvoir d’achat des ménages “devrait être limité par la hausse de l’inflation”, analyse le même organisme qui prévoit donc une année 2018 très difficile pour les Algériens.

Cependant, Dieu merci, l’Algérie dispose de quelques points forts qui peuvent lui permettre d’amorcer son développement si une bonne gouvernance est de mise. Il s’agit des importantes réserves de pétrole et de gaz, notamment le gaz de schiste, son potentiel dans les domaines des énergies renouvelables et du tourisme et la situation financière extérieure “solide” avec un “très faible” endettement extérieur et les importantes réserves de change.

Il est donc possible de sortir de cette catégorie des pays risqués. Il suffit de bien exploiter ses points forts et minimiser les conséquences de ses points faibles.