C’est un véritable scandale que vient de révéler un éminent expert allemand ! Armin Dürr, expert en architecture qui a travaillé à la fin des années 1980 en qualité de coopérant en architecture dans la restauration de la Casbah, a jeté un véritable pavé dans la mare ce mardi  lors d’une réunion internationale d’experts sur la conservation et la revitalisation de la Casbah d’Alger. 

Selon cet expert, l’Algérie a gaspillé énormément d’argent pour des projets qui n’ont jamais été poursuivis ou concrétisés. Sans aucun langage de bois ni la moindre auto-censure, l’architecte allemand a raconté, devant une assistance composée de plusieurs officiels algériens, qu’il était revenu à Alger en 2010 où il avait constaté avec regrets que des projets datant de plus de 30 ans, dont certains réalisés sous sa direction, soient “à ce jour dans les cartons”, malgré les moyens humains et financiers “importants” dont dispose l’Algérie.

Des moyens qui dépassent ceux déployés par la grande Allemagne pour reconstruire une ville allemande comme Nuremberg ! En effet, à titre comparatif, l’expert allemand a cité l’exemple de Nuremberg (Allemagne), une ville détruite à plus de 80% après la deuxième guerre mondiale et dont “la reconstruction, qui a pris vingt ans, a nécessité  “beaucoup moins de moyens financiers que ceux engagés par l’Algérie pour la réhabilitation de la Casbah d’Alger”, déplore Armin Dürr, un architecte amoureux de l’Algérie et de son patrimoine.

En clair, cet expert international nous apprend que l’Algérie a dépensé davantage d’argent pour restaurer sa Casbah que l’Allemagne pour reconstruire toute Nuremberg ! Cela signifie qu’une gestion douteuse et suspecte a caractérisé les fonds consacrés par l’Etat algérien pour préserver la Casbah d’Alger.

Il faut savoir qu’effectivement une immense enveloppe budgétaire a été consacrée par les autorités pour que la Casbah d’Alger retrouve son luxe d’antan.  Fin août 2016  le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, a révélé que la mise en valeur de la Casbah d’Alger a bénéficié d’une enveloppe financière de 90 milliards de Dinars, dont 24 milliards alloués en 2013, soit l’équivalent de près de 800 millions d’euros ! Un montant astronomique dont personne ne sait encore comment il a été géré et dépensé pour aboutir à un résultat aussi catastrophique.

La vieille cité, où se côtoient bâti colonial et douirettes, connaît régulièrement des détériorations dont les dernières remontent au séisme d’août 2015.  Tous les travaux menés depuis 2006 n’ont pas obtenu l’effet escompté et cet inestimable patrimoine se meurt sous nos yeux. Un immense scandale qui devra faire réagir dans les plus brefs délais la Présidence de la République.