ViiV Healthcare est un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans la fabrication de médicaments contre le virus du Sida (VIH). L’entreprise été créé en novembre 2009 avec pour siège la Grande-Bretagne issue d’une Joint-Venture entre GlaxoSmithKline GSK et Pfizer avant d’être rejoints par Shionogi en 2012.

Les parts de marché des produits de ViiV Healthcare sont de 19% du marché global, ce qui en fait le deuxième plus grand acteur pharmaceutique après Gilead Sciences, travaillant dans le domaine de la lutte contre le virus du sida.

Le laboratoire ViiV, lance un nouveau traitement contre le VIH, du nom de Dolutegravir plus efficace et moins toxique que ses prédécesseurs.

Ce traitement pourrait aider des millions de malades et son efficacité est reconnue par l’OMS.

 »Le Dolutegravir est recommandé par l’OMS comme option de première et 3ème ligne. L’Afrique entière est en train de se préparer à mettre le médicament à la disposition de ses malades’’ explique Alia Amimi membre de l’ITPC-MENA (International Treatment Preparedness Coalition – Middle East and Africa).

Le laboratoire ViiV a décidé de céder ses droits de brevet pour le Dolutegravir dans la majeure partie des pays d’Afrique en accord avec Medicines Patent Pool (MPP), une organisation de santé publique soutenue par les Nations unies et basée en Suisse, « dont la mission est d’améliorer l’accès aux traitements abordables et adaptés contre le VIH (…) dans les pays à revenu faible et intermédiaire ». contrat Viiv MPP

Cette décision permettra aux laboratoires locaux de tous les pays les moins développés, à faible revenu, à revenu moyen inférieur et à l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne, de fabriquer des médicaments génériques abordables, avec un prix compris entre 40 et 45 dollars environ pour une année.

Le Dolutegravir sera commercialisé au prix fort en Algérie !

Près de 11400 personnes ont été diagnostiquées séropositives pour le VIH depuis le début de l’épidémie en 1985 au 30 septembre 2017, selon le Laboratoire national de référence du VIH/Sida (LNRV) de l’Institut Pasteur-Algérie.

Les groupes d’âge les plus touchés sont les 25-29 ans (15 %), 30-34 ans (18 %) et 35-39 ans (15%).

Le traitement du laboratoire ViiV sera disponible en 2018 dans 92 pays dans le cadre de l’accord pour adultes, soit sur tout le continent africain à l’exception de… l’Algérie.

Dans le cas des pays à revenu intermédiaire supérieur, comme l’Algérie, une politique de prix flexible a été adoptée car celle-ci tient compte du revenu national brut et de l’impact de l’épidémie.

L’Algérie n’est donc pas concernée par cette licence et la molécule restera protégée par un brevet jusqu’en 2026.

Pour information, dans les pays développés, le traitement pour un an revient à environ 14 000 dollars par patient!

Certes la prise en charge des personnes vivant avec le VIH est totale et gratuite et le traitement médical de plus en plus léger et cette maladie peut être considérée comme n’importe quelle autre maladie chronique. L’Etat à consacré près de 150 millions de dollars pour la prise en charge du sida et le soutien de certaines organisations internationales.

Une solution existe pour ne pas pénaliser le malade algérien

Il reste tout de même une seule possibilité aux séropositifs algériens de disposer d’une thérapie abordable à part celle d’un geste émanant de ViiV.

Il est évident que dans l’état actuel des choses, le prix de ce traitement sera inaccessible à la grande majorité des malades algériens porteurs du virus du Sida.

Des associations nationales et internationales ont lancé une campagne pour tenter d’influer cette discrimination à l’encontre des séropositifs en Algérie d’avoir accès a un médicament à portée de bourse.

L’Algérie pourrait prendre la décision d’autoriser un tiers à fabriquer un médicament et ce, sans l’autorisation du titulaire du brevet.

Le Ministre de la santé pourrait effectivement lancer des négociations avec le laboratoire ViiV, comme le Maroc l’a fait en 2016.

Récemment l’ITPC-Mena a publié un communiqué se réjouissant sur la « victoire » obtenue au Maroc, en Tunisie et en Libye pour l’accès au médicament générique à un prix de 40 dollars pour une année.

De son côté, ViiV est catégorique, il ne veut point céder sur l’Algérie, pays à revenu intermédiaire selon la Banque mondiale, de peur de voir d’autres pays exiger le même traitement comme la Thaïlande ou le Brésil…

Les représentants de ViiV ont pourtant cédé sur la Jordanie et la Tunisie, pays également exclus à l’origine.

L’Etat Algérien doit-il prendre ses responsabilités et user de son droit à émettre une licence d’office pour permettre à ses patients séropositifs de bénéficier des versions génériques de ce traitement ? Comme le suggère AnisS, l’association algérienne de lutte contre les IST/VIH/SIDA agréée le 13 septembre 2003.

Beaucoup de personnes le souhaiteraient, est-ce que le Premier Responsable du Ministère de la santé en fait partie ?