C’est un établissement d’élite qui souffre d’une véritable crise de dysfonctionnement depuis plusieurs mois. Les 230 étudiants de l’école nationale supérieure du tourisme d’El-Aurassi (ENST) se battent depuis le 18 décembre 2018 pour faire aboutir leurs revendications. 

Et en l’absence d’une oreille attentive des autorités et des responsables du secteur, cette école a sombré dans la paralysie de la grève et les blocages des conflits. Et pourtant, les étudiants jurent qu’ils ont tout fait pour démontrer leur bonne volonté et la justesse de leur cause. Ils ne réclament, en vérité, que la révision du décret exécutif 17-161.

Ce décret datant du 15 mai 2017 fixe les conditions de création et les modalités d’exploitation des agences de tourisme et de voyages. Les dispositions de ce décret suscitent la colère des étudiants de l’école d’El-Aurassi qui craignent pour leur avenir professionnel. Et pour cause, ce décret impose une nouvelle réglementation qui permet à tout titulaire d’une licence, sans préciser la spécialité , ou d’un diplôme de technicien supérieur en tourisme ou hôtellerie avec une seule année  d’expérience dans le domaine du tourisme sans préciser le poste occupé, d’ouvrir une agence de voyages , alors que l’ancien décret exige :

• Sois un diplôme de l’enseignement supérieur et une ancienneté de 3 années consécutives, dont une année en qualité de cadre ou assimilé dans le domaine touristique.
• Sois un diplôme de technicien supérieur en tourisme, en hôtellerie, et une ancienneté de 3 années consécutives, dont 2 années en qualités de cadre ou assimilé dans le domaine touristique.
• Sois une ancienneté de 10 années dont 5 années en qualité de cadre ou assimilé dans le domaine touristique.
Face à la modification de ces règles, les étudiants et les diplômés de l’ENST crient au scandale car ils estiment que le nouveau décret leur porte préjudice  sur plusieurs plans :
• Il enlève la priorité, la protection juridique aux diplômés de l’ENST pour ouvrir une agence de voyage, ce qui va créer une bousculade pour ouvrir des agences et entraînera une concurrence rude déloyale et non professionnelle.
• Le tourisme est l’unique domaine ou les diplômés de l’ENST  peuvent évoluer contrairement aux diplômés des autres secteurs ou la reconversion est autorisée. Ceci pénalise grandement les agences des diplômés qui n’arrivent pas à faire face à la concurrence et déclarent faillite. Ils ne pourront plus rouvrir une autre agence.
• Les commerçant et autres bailleurs de fonds n’ont plus besoin des diplômés de l’ENST, voir des professionnels du secteur pour ouvrir leurs agences de voyages.
Ces étudiants ont essayé de sensibiliser les autorités au sujet des dangers de cette nouvelle réglementation. En vain. Et pourtant, le nouveau décret risque d’ouvrir facilement la porte à des personnes qui n’ont pas fait de formation dans le domaine du tourisme, “ce qui peut entraîner la clochardisation du métier d’agent de voyage”, dénoncent les protestataires de l’ENST.
Mêmes certaines agences de voyages récemment créées se considèrent menacées par des commerçants reconvertis, à cause du déséquilibre dans les ressources et les moyens dont ils disposent. Jusqu’à aujourd’hui, l’incompréhension demeure totale entre l’administration de l’ENST et leurs étudiants. Et le malaise a fini par gangrener tout le secteur du tourisme algérien.
Nous vous proposons enfin une chronologie qui résume le déroulement des événements à travers lesquels un énorme malaise a explosé au sein du secteur du tourisme.
 Fin Mai 2017 : Colère et refus totale de l’ensemble des acteurs du tourisme, et volonté pour annuler le décret 17-161.  
 (Juin –aout) : le secteur touristique sans ministre, ce qui as bloqué toute réaction 
 Octobre 2017 : Reprise des cours au sein de l’école nationale supérieure du tourisme 
 05 Novembre 2017 : Les étudiants demandent l’intervention de leur nouveau ministre 
 09 novembre 2017 : visite inopiné du ministre au sein de l’école avec une oreille d’écoute pour la revendication des étudiants mais la courte durée de sa visite n’as pas permis à la rédaction de leurs revendications (sur papiers) 
 12 novembre 2017 : l’école était invité à assister à la journée de l’évaluation de la formation touristique à Boussaâda, les étudiants ont profité de rendre la lettre de leurs recommandations au ministre 
 14 novembre 2017 : Le directeur général de l’école rassemble l’ensemble des étudiants afin de justifier leurs recommandations en primaire la modification du décret, et demande aux étudiants de rédiger une lettre de proposition de modification de ceci 
 15 novembre 2017 : dépôt de lettre de proposition de modification du décret à la direction de l’école et au ministère du tourisme 
 03 Décembre 2017 : plus de 15 jours sans réponse  Dépôt d’un rappel de lettre au près des deux institutions 
 05 Décembre 2017 : Lancement de l’arrêt de cours officiel suite à la négligence de la direction et du ministère
 05 Décembre 2017 : les représentants du ministère se déplacent à l’école et se réunissent avec les étudiants afin de comprendre leurs demandes 
 12 Décembre 2017 : Le SG convoque les représentants des étudiants et les invitent à reprendre les cours en disant que votre problème est pris en charge et y a eu l’installation d’une commission qui révise ce décret 
 13 Décembre 2017 : Réponse au SG : Continuation de l’arrêt de cours jusqu’as l’obtention 
D’une preuve écrite concernant la modification du décret exécutif n°17/161 
 17 Décembre 2017 : Installation du nouveau directeur au sein de l’école 
 18 Décembre 2017 : le nouveau DG Convoque les représentants des étudiants pour prise de contact et compréhension de la situation 
 21 Décembre 2017 : Sortie de vacance sans aucune solution mutuelle 
 7 janvier 2018 : Retour à l’école et continuation de la grève, Le DG invite l’ensemble des étudiants à reprendre les cours mais ces derniers refuse et maintiennent leur cause 
 10 Janvier 2018  Matin : le ministère du tourisme envoi une représentante pour convaincre les étudiants à reprendre leurs cours mais sans la preuve écrite
 10 Janvier 2018 Après-midi : El BILAD TV débarque à l’école et interroge les étudiants (l’émission à était diffusé aux infos officiels de 20h) 
 11 Janvier 2018 : Continuation de la grève 
 11 Janvier 2018 : Affichage administratif comme suit : Vous devez reprendre vos cours le 14 Janvier si non le premier semestre sera reporté pour septembre 2018 
 14 janvier 2018 : continuation de la grève.
 15 janvier 2018 : dépôt d’une demande d’intervention au premier ministre (palais de gouvernement).
 15 janvier 2018 : dépôt d’une demande d’audience au vice-président du parlement               Mr Mimoun (Ex ministre du tourisme).
 15 janvier 2018 : demande d’audience au comité du tourisme au niveau de L’APN.
 15 janvier 2018 : demande d’audience au comité du tourisme au niveau du Sénat.
 16 janvier 2018 : dépôt des revendications chez un sénateur.
 17 janvier 2018 : réunion avec le comité du tourisme au niveau de l’APN.
 18 janvier 2018 : réunion avec le Vice-président de l’APN Mr Mimoun.
 21 janvier 2018 : continuation de la grève suivit d’une marche jusqu’à l’entrée de l’Aurassi.