Des centaines d’anciens militaires, membres des gardes communaux et d’anciens retraités de l’armée, ont tenté de manfifester samedi matin, dans la capitale pour porter leurs revendications. Mais toutes les entrées de la capitale étaient quadrillées, dès la matinée, par les forces de l’ordre qui ont empêché toute intrusion.

Sur l’autoroute qui mène de Boumerdès à Alger, des dizaines de gendarmes et de policiers ont dressé de véritables murs qui n’ont donné aucune chance aux anciens militaires d’entrer dans la capitale. Malgré leur nombre impressionnant, ces manifestants ont buté sur l’intransigeance des forces de l’ordre qui ont usé de tous les moyens possibles pour réprimer toute velléité de passage vers Alger. Ce face-à-face a fini par dégénérer vers la mi-journée. Des protestataires ont échangé des pierres contre des bombes lacrymogènes avec les policiers et gendarmes. Une véritable bataille rongée s’est enclenchée et des courses-poursuites dans les champs de Réghaïa ont duré plusieurs minutes. Des blessés sont à déplorer dans les deux camps.

Selon des témoins oculaires, les bouchons créés par ces affrontements sont énormes. Des automobilistes et autres voyageurs venus de l’Est du pays sont restés bloqués presque toute la journée. Le dispositif sécuritaire, placé autour des autres axes routiers de la capitale, a également bloqué une bonne partie des habitants de la région Est d’Alger, venus rejoindre leurs lieux de travail ou d’études. Le même blocage a été signalé sur l’axe Alger-Blida où des barrages, parfois militaires, ont filtré la circulation.

Les radiés de l’armée et les anciens rappelés de l’armée manifestent régulièrement pour réclamer une vie décente. Ils réclament notamment des pensions importantes et des réparations pour les handicaps subis durant la décennie noire.

Rappelons enfin que pas moins 79.797 cas de personnes atteintes pendant l’accomplissement de leurs missions au sein de l’Armée nationale populaire (ANP) durant les années 90 ont été et recensés par les différents bureaux régionaux des pensions militaires. Selon le ministère de la Défense Nationale, 74.705 ont bénéficié de l’expertise médicale, ce qui représente un taux de 93,62%, dont 41.141 cas ont présenté des incapacités reconnues imputables au service.

Au début de l’année 2017, le ministère de la Défense Nationale avait assuré que l’opération “d’étude des recours, au cas par cas, demeure toujours en cours dans les Caisses régionales des retraites militaires”. Le haut commandement de l’armée algérienne avait fait également de sa volonté de procéder à la régularisation de l’ensemble des dossiers, en vue de permettre à cette catégorie l’accès à tous leurs droits, dont les pensions de retraite et d’invalidité, ainsi que la sécurité sociale.