Le Président Abdelaziz Bouteflika s’était opposé à l’interdiction de la conférence de Mouloud Mameri sur la poésie berbère en mars 1980 à l’université de Tizi-Ouzou. Une interdiction arbitraire qui avait enclenché un mouvement de colère des étudiants donnant naissance ainsi au Printemps Berbère. 

D’après Ahmed Ouyahia, Bouteflika n’était pas d’accord avec cette interdiction qu’il qualifie “d’erreur de jugement”.  “Pour l’histoire, le président Bouteflika était contre l’interdiction de la conférence de l’écrivain Mouloud Mammeri, et la répression qui a suivi”, a fait savoir ainsi Ahmed Ouyahia lors de l’ouverture des travaux du conseil national du RND, ce jeudi 18 janvier à Zeralda.

Ahmed Ouyahia n’a pas manqué de faire savoir que  la reconnaissance de Yennayer, est “une réconciliation avec l’identité nationale” de l’Algérie. Pour rappel, en avril 1980, les tensions éclatent à la suite du refus des autorités algérienne de permettre au célèbre écrivain, et spécialiste de la langue berbère, Mouloud Mammeri de prononcer une conférence sur l’ancienne poésie berbère à l’Université de Tizi-Ouzou.

À Alger et en Kabylie, les étudiants manifestent pour la reconnaissance de la langue et de la culture berbère. Le 20 avril, ils font une grève et occupent l’Université de Tizi-Ouzou. Face à une opération militaire visant à les déloger, les contestataires déclenchent une grève générale et établissent des barricades partout en Kabylie. Le gouvernement de l’époque isole la région du reste du pays et écrase le soulèvement après quatre jours d’affrontements violents qui ont fait 32 morts et des centaines d’arrestations.

Cet épisode historique marque le début du long combat pour la reconnaissance de l’identité amazighe en Algérie.