A l’abri des projecteurs des médias et dans l’indifférence générale des autorités algériennes qui détiennent, pourtant, 51 % des actions de Djezzy, un malaise dangereux est en train de miner depuis le début de cette année 2018 cet important opérateur de téléphonie mobile. 

Ce jeudi, des employés de Djezzy vont observer un sit-in au niveau de leur direction générale pour dénoncer des propos “menaçants et un harcèlement envers les employés” suite à un courriel adressé par Matthieu Galvani, Directeur Général de Djezzy, et Vincenzo Nesci, président exécutif de Djezzy. Dans ce courriel, les deux managers de Djezzy expliquent clairement à leurs employés qu’ils n’auront aucun droit de regard sur les départs volontaires souhaités par la direction générale. Et après tant d’années de sacrifices et de travail laborieux, les 4000 employés de Djezzy ne seront nullement consultés ou associés à la restructuration de leur entreprise.

Algériepart a obtenu en exclusivité une copie de ce courriel qui a suscité l’indignation de des travailleurs de l’opérateur de téléphonie mobile racheté par l’Etat algérien à 2,6 milliards de dollars en janvier 2015. Le syndicat des employés de Djezzy a vite réagi en lançant un appel à la mobilisation.

“Chers collègues, chers adhérents, suite au communiqué de l’employeur qui a suscité une très grande inquiétude de nos collègues par rapport à des propos que l’ensemble des employés ont eu une lecture de menaces si jamais ils décident de ne pas adhérer au départ volontaire. Nous tenons à vous informer que le syndicat d’entreprise a réagi immédiatement en provoquant une réunion extraordinaire à travers ces représentants de la commission paritaire souveraine qui est la seul garante sur le bon fonctionnement de l’ODV et principalement sur le respect du choix de l’employé pour adhérer ou pas à l’offre de départ sans aucun harcèlement ou pression”, souligne le syndicat des travailleurs Djezzy dans un communiqué dont Algériepart a obtenu une copie.

“Les membres de la commission ont sévèrement condamné et contesté les propos sur lesquels a suscités une lecture d’un message de menace. Par ailleurs, le syndicat d’entreprise ainsi que les sections syndicales a leurs tours ont condamné toute forme de pression ou harcèlement qui nuit à la stabilité morale de nos collègues. Nous tenons aussi à vous rassurer que le syndicat est engagé fortement afin de faire face à tout genre de dépassement et à la protection des intérêts des travailleurs et fera tout son possible afin de faire-valoir leurs droits”, assure le même syndicat.

Il est à souligner que plusieurs autres appels à tenir des sit-in ont été lancés par les travailleurs de Djezzy à travers le pays. Mercredi, un sit in à été organisé hier à Dely Brahim (Alger) de 14h30 à 15h 00 où les employés ont dénoncé le communiqué de la direction générale. Et ce mouvement de colère risque de se renforcer dans les jours à venir en raison du plan suspect de restructuration de Djezzy voulu et imposé par la direction générale de cet opérateur de téléphonie mobile.