Annoncé comme partant du gouvernement, Ahmed Ouyahia ne partira pas de sitôt. Le premier ministre, qui essuie, depuis quelques semaines, des attaques en règle de la part de certains cercles proches de la présidence de la République et du FLN, résiste.

Au moment où des rumeurs insistantes évoquant le départ du premier ministre se font insistantes, la Présidence de la République a décidé, comme par magie, de mettre fin à ces bruits. Elle désigne Ahmed Ouyahia comme représentant de l’Algérie au prochain sommet de l’Union africaine qui se tiendra du 29 au 31 janvier prochain à Addis Abeba. Et hasard du calendrier, cette désignation, qui a été volontairement rendue publique le jour de l’annonce de l’annulation de la présence du premier ministre au salon de la transition énergétique, sonne donc comme une garantie donnée aux institutions de l’Etat. Car, depuis le début de la controverse, plusieurs institutions de l’Etat sont restées sur le qui-vive. Beaucoup de ministres s’attendaient à un remaniement ministériel. L’Etat était paralysé.

Cette désignation d’Ahmed Ouyahia comme représentant du chef de l’Etat au sommet de l’Union africaine est donc un signal fort qui est donné par la Présidence de la République en vue de calmer le jeu. La preuve en est que même le tonitruant secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès, n’a pas rien trouvé à redire. Lui qui passe l’essentiel de son temps à critiquer le premier ministre semble avoir calmé ses ardeurs. Pour combien de temps ? Il est difficile de le dire. Mais en attendant de recevoir une prochaine salve, Ahmed Ouyahia donnera lui-même des coups lors de la conférence de presse qu’il animera ce samedi à l’issue des travaux du Conseil national de son parti, le Rassemblement national démocratique (RND).