Le feuilleton de la lutte au sommet du pouvoir n’est pas près de se terminer. Après l’instruction présidentielle portant sur la gestion des privatisations, puis la publication de clarifications concernant ce sujet, un autre geste de Ahmed Ouyahia risque de faire couler beaucoup d’encre : le premier ministre a renoncé à participer, mercredi, à un salon organisé par le FCE, Forum des chefs d’entreprises présidé par Ali Haddad. 

La rencontre qui tournera autour de l’alternative énergétique ne sera pas présidée, comme prévu, par le Premier ministre. Alors que tout le monde s’attendait à sa venue, Ahmed Ouyahia a informé son entourage, da sa décision de renoncer à cette activité publique. S’agit-il d’un geste politique qui vise à exprimer un désaccord avec la présidence de la République ? S’agit-il, tout simplement, d’une volonté de ne pas rajouter à une polémique qui n’est pas près de s’estamper ?

S’il est difficile de répondre à ces questionnements, l’annulation de cette sortie est en elle-même intrigante. Car, jusqu’à mardi, rien ne présageait un tel retournement de situation. Le FCE a même convié, dès dimanche, les journalistes pour couvrir l’évènement. La précision a même été faite que les accréditations relèvent des prérogatives des services du Premier ministre. Mais mardi, l’organisation patronale a tout simplement informé les hommes et femmes des médias que la vite du Premier ministre est tout simplement annulée.

Cela intervient une journée seulement après que la présidence de la République, s’exprimant sous le couvert d’une « source autorisée » a précisé que la circulaire présidentielle portant sur la gestion des prérogatives était un « geste politique » visant à rassurer l’opinion publique concernant le « partenariat public-privé ». La clarification a même « rétabli » le premier ministre dans ses prérogatives. Que s’est-il donc passé entre-temps ?

Saïd Sadia