C’est un méga-projet que les autorités algériennes et chinoises sont en train de négocier dans le secret le mieux préservé. L’Algérie veut confier l’exploitation et le développement de ces gisements de phosphate à deux grandes entreprises chinoises. 

Il s’agit du CITIC Group, un conglomérat de 44 entreprises  chinoises qui représentent le fonds d’investissement de la République populaire de Chine, et d’un autre groupe chinois spécialisé dans le phosphate. Il s’agirait, selon nos informations, de Wengfu, l’un des leaders mondiaux du phosphate et des fertilisants. Depuis quelques années, Wengfu cherche des opportunités d’investissement sur le continent africain. Il a entamé, ainsi, des discussions dans des pays comme le Maroc, la Tunisie ou le Sénégal. Quant à CITIC Group, il s’agit d’une compagnie qui connaît bien l’Algérie puisqu’elle a dirigé plusieurs projets importants comme des tronçons stratégiques de l’autoroute est-ouest.

Selon nos informations, au début de ce moins de janvier, une importante délégation algérienne s’est rendue en Chine pour entamer les premières négociations avec les autorités chinoises concernant l’exploitation du phosphate dans notre pays. Parmi les décideurs qui ont conduit cette délégation, nous retrouvons le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour.

En effet, le gouvernement a décidé d’impliquer Sonatrach à hauteur de 30 % dans ce projet avec les chinois. Et 21 % reviendront  au ministère de l’Industrie qui sélectionnera une de ses entités pour gérer ces actifs. Les deux groupes chinois détiendront les 49 % restants.

Pour l’heure, ce projet n’a pas encore été officiellement scellé. Mais, selon nos informations, les discussions sont en bonne voie. Pour rappel, le phosphate algérien devait bénéficier d’un important investissement qatari. Mais ce projet est tombé à l’eau. Sous l’ère Abdesslam Bouchouareb, c’est les indonésiens d’Indorama Corporation qui ont remporté le  méga-projet d’exploitation algéro-indonésien d’un montant global de 4,5 milliards de dollars portant création de trois sociétés mixtes pour l’exploitation du phosphate.

Entâché de soupçons de corruption, ce méga-projet a été suspendu à la suite du limogeage de Bouchouareb fin mai 2017. Aujourd’hui, les autorités algériennes se tournent vers la Chine pour chercher des investisseurs. Officiellement, l’Algérie cherche à développer la nouvelle mine de  phosphate de Bled EL Hadba (Tebessa) et veut mettre en place une grande usine de transformation des phosphates pour la production de l’acide phosphorique et de diammonium phosphate dans la wilaya de Souk-Ahras.

Il s’agit de deux projets qui peuvent ramener énormément de devises à notre pays.