Abdelkader Hadjar ne veut pas d’une grève dans son secteur. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui a rencontré ce samedi les représentants des étudiants de son secteur, a menacé de recourir à « la loi » si les syndicats maintiennent leur grève le 14 janvier prochain.

Le ministre faisait référence à un appel conjoint signé par une aile du CNES (Conseil national des Enseignants du supérieur), d’un syndicat de travailleurs et des organisations estudiantines. Le document évoque la tenue, le 14 janvier, d’une grève générale dans les établissements universitaires à travers le pays. Il est vrai que cela peut constituer une bizarrerie, puisque chacune des organisations a des intérêts pratiquement différents.

Mais cette alliance fait apparemment peur au ministre. Abdelkader Hadjar a menacé les futurs grévistes en indiquant que « les recteurs ont été instruits « d’appliquer toutes les mesures juridiques en matière disciplinaire ainsi que les poursuites judiciaires à l’encontre de quiconque osera interdire l’accès à l’université ». « La grève n’est pas dans l’intérêt des étudiants », a-t-il encore affirmé.

Mais ce discours menaçant du ministre ne passe pas. Des syndicats et organisations de la famille universitaire ont dénoncé « le chantage » de Tahar Hadjar. « Nous allons maintenir le mot d’ordre de la grève », a riposté l’Union générale des Etudiants algériens (UGEL, d’obédience islamiste) dans un communiqué. L’une des ailes du CNES a également affirmé « rejeter » le discours du ministre et réitère son intention de débrayer le 14 janvier prochain.

Avant les vacances de décembre, les universités de Béjaïa, Tizi-Ouzou et Bouira étaient restées fermées durant de longues semaines à cause notamment d’une grève déclenchée en signe de protestation au « refus des députés de promouvoir la langue amazighe ».