Les images sont choquants et bouleversantes. Les médecins résidents, la crème de l’élite en Algérie, ont été sauvagement tabassés et gravement réprimés aux portes du CHU de Mustapha Bacha à Alger.

Les services de sécurité se sont acharnés sur des médecins désarmés et dont le seul tort est de vouloir organiser un rassemblement pacifique pour dénoncer leur situation précaire et réclamer leurs droits sociaux.

Les policiers ont été instruits, par ailleurs, d’empêcher les patients  d’entrer ou sortir par le portail principal. Les concitoyens ont été contraints d’emprunter la portail secondaire pour entrer ou quitter l’hôpital. Tout un dispositif sécuritaire impressionnant a été déployé pour empêcher à peine 200 médecins résidents de sortir dans la rue pour crier leur ras-le-bol.

Et pourtant, ces jeunes médecins encore en formation exigent uniquement les moyens nécessaires pour soigner les patients notamment dans les régions les plus isolées des Hauts-Plateaux ou du sud. Ils réclament des logements lorsqu’ils sont affectés à l’intérieur du pays. Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) se bat également pour la révision des modalités du Service Civil qui concerne uniquement cette catégorie des diplômés algériens.

Pour répondre à ces revendications formulées de manière très pacifique, nos autorités sortent la matraque et le bâton. Faudrait-il, dés lors, s’étonner de voir des milliers de nos médecins fuir le pays vers l’étranger ? Le Conseil de l’Ordre des médecins a donné récemment l’alerte en révélant que 6 000 médecins algériens ont quitté le pays ces dernières années. Ce n’est pas avec cette répression féroce que les autorités algériennes réussiront à convaincre ceux qui sont encore là de rester travailler dans le pays.