Ce mercredi, de nombreux algériens ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. Ils se disent  profondément choqués par “les actes ignobles” de répression de la marche pacifique organisée par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) devant les portes de l’hôpital Mustapha Bacha à Alger. 

“Médecins protestataires tabassés et en sang dans l’enceinte même de l’hôpital Mustapha. On aura tout vu !”, s’exclame ainsi Abdesselam Ali-Rachedi, ancien député de l’opposition (FFS) entre 1997- 2002. “L’Algérie qui a poussé 10 000 médecins à quitter le pays tabassent ceux qui restent”, dénonce encore Amira Bouraoui, l’une des figures de proue du mouvement Barakat qui s’était opposé au 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.  “Vous avez des médecins sous le drapeaux ! Envoyez les lutter contre les déserts médicaux que vous avez créé, au lieu de construire des universités de médecine au Sud et des CHU, vous avez préféré bâtir une mosquée et importer du fromage et du chocolat. Assumez vos erreurs !”, a-t-elle publié sur sa Page Facebook.

Fodil Boumala, l’ancien célèbre journaliste de l’ENTV durant les années 90 et l’un des intellectuels algériens les plus engagés, a dénoncé lui-aussi ces violences policières. “La grève est légitime et les revendications de ces médecins sont légitimes. Notre régime est contre l’intelligence et la science”, a-t-il déploré sur sa page Facebook.  “Casquette bleue et matraque contre blouse blanche et stéthoscope”, ironise un autre internaute. “C’est honteux !”, s’écrient d’autres Facebookers algériens.

L’indignation fut donc générale et de nombreuses voix se sont élevées pour appeler les autorités à cesser immédiatement cette répression écœurante. Ces appels vont-ils trouver une oreille attentive ?