base de bouteilles en plastique et de sable. Le but est qu’elles résistent aux conditions climatiques rudes dans cette région. 

Le plastique est un véritable fléau pour l’environnement, notamment les bouteilles. Une fois vides, ces dernières finissent souvent dans la nature. Et c’est là qu’est tout le problème puisqu’elles peuvent mettre en moyenne entre 100 et 1 000 ans avant de se décomposer. Face à ce problème, des solutions existent pour redonner une seconde vie à ces contenants. C’est le cas aux Philippines. Une fois remplies de déchets non biodégradables les bouteilles sont utilisées comme briques.

Une idée presque similaire à celle de Tateh Lehbib Breica. Cet ingénieur et réfugié sahraoui vivant dans un camp près de Tindouf en Algérie a eu l’idée de construire des petites maisons à base de bouteilles en plastique. “Une bouteille en plastique est vingt fois plus résistante qu’une brique d’adobe”, a déclaré l’ingénieur au média Middle East Eye (MEE). Le but est que ces abris puissent résister aux conditions climatiques extrêmes. Dans cette région du monde, inondations, fortes chaleurs, tempêtes et autres phénomènes météorologiques détruisent les maisons des habitants, souvent construites en terre crue ou banco. Un projet très vite repéré par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) qui s’est rendu sur place et a alloué une aide de 60 000 euros à Tateh Lehbib Breica. Aujourd’hui, cet argent lui a permis de construire 26 maisons dans cinq camps différents : à Aousserd, Boujdour, Dakhla, Smara et Laâyoune. Ces habitations sont toutes pour des personnes vulnérables.

6 000 bouteilles par maison

Pour construire une maison, Tateh Lehbib Breica n’utilise pas moins de 6 000 bouteilles en plastique remplies de sable et de paille. Lorsque la structure est montée, les murs sont recouverts de ciment et de calcaire. Les maisons sont ensuite peintes en blanc afin de faire refléter les rayons du soleil et donc rafraîchir l’intérieur. Une méthode qui permettrait de diminuer la température ambiante de 5°C selon l’ingénieur sahraoui. Le toit est quant à lui composé de tapis fabriqués avec du plastique recyclé et une couche de ciment. La forme arrondie de la maison permet également de lutter contre la chaleur écrasante de cette région. “Outre le fait qu’elle offre une résistance structurelle plus grande à l’eau, la maison, circulaire et aux murs épais, présente moins de prise au vent grâce à un profil plus bas et s’est révélée plus étanche au sable et à la poussière des tempêtes appelées “haboobs””, rapporte l’UNHCR sur son site Internet.

C’est après les pluies torrentielles d’octobre 2015, et la destruction de la maison de sa grand-mère, que Tateh Lehbib Breica a eu l’idée de construire des maisons en plastique. Son aïeule, qui marche mal, a été blessée par des personnes qui l’ont transporté dans un centre communautaire lors d’une tempête de sable. “Je voulais qu’elle ne souffre pas tant de la chaleur et qu’elle ait une vie meilleure, plus confortable”, a-t-il expliqué à Middle East Eye. Cependant, tout n’a pas été de tout repos. Les habitants du camp n’ont pas tous accueilli ce projet avec enthousiasme. “Au début, ils m’ont appelé “le fou à bouteille”. Mais quand ils ont vu les maisons terminées de leurs propres yeux, mes compatriotes ont mieux compris le projet”, a-t-il expliqué.

Source : Réponse Conso