La compagnie aérienne AIR ALGERIE a les moyens de faire face au défi de modernisation et de rentabilité.

Elle doit nécessairement prendre des décisions courageuses concernant sa restructuration, en fonction d’une vision moderne et adaptée à un mode de consommation qui a évolué et à une concurrence qui devient de plus en plus agressive. Et elle en a les atouts, pour peu qu’elle continue, en interne, de s’entourer de compétences qui contribueraient, par une stratégie intelligente et éclairée, de lui assurer de nouvelles sources de revenus et de s’attaquer aux charges et dépenses inutiles.

Pour cela, notre compagnie aérienne pourra compter sur ses dirigeants et conseillers les plus compétents, mais également sur les pouvoirs publics. Or, dans cet exercice, il semblerait que la Direction de l’Aviation Civile et de la Météorologie (DACM), dépendant du Ministère du Transport œuvre à contre-courant des intérêts de notre compagnie nationale.

En effet Algeriepart a pu se rendre compte que certaines actions de la DACM envers AIR ALGERIE, dont Mr AZZI est le Directeur, sont des plus contestables comme vous le constaterez après ce qui suit.

Le silence du gendarme de l’Air : la DACM

La période de la Omra et du Hadj représente un flux de pèlerins et de passagers important pour notre compagnie nationale.

Les agences de voyages proposent des prises en charge vers les lieux saints à cette période avec de nombreuses compagnies aériennes étrangères.

Or, comme tous nos lecteurs le savent, ces compagnies étrangères desservent l’Arabie Saoudite avec une escale dans leurs pays respectifs.

Le tronçon du voyage entre l’escale étrangère et l’Arabie Saoudite est payé en Dinars Algériens par le passager algérien au niveau de l’agence de voyage, mais celle-ci le paye à son tour en devises à la compagnie aérienne étrangère.

Pour cela, une partie des frais de voyages, qui s’élèvent parfois à 50% du tarif proposé pour le pèlerinage par les agences de voyage, est achetée au marché noir et remise à l’escale ou transférée à la compagnie aérienne par des comptes à l’étranger !

On compte plus de 430.000 passagers algériens par an qui se dirigent vers les lieux saints de l’islam. Parmi eux 80.000 sont transportés par AIR ALGERE et 120.000 par la compagnie royale saoudienne.

Il reste donc plus de 230.000 passagers qui sont ‘’captés’’ par les lignes aériennes étrangères.

A raison d’un cout moyen du billet d’avion équivalent à 800 euros, avec une moitié soit 400 euros payées en devises au marché noir, c’est l’équivalent de 160 Millions d’euros que perd notre pavillon national par an !

L’infraction aux changes que la Banque Centrale et le Ministère des Finances doivent impérativement traiter ne peut occulter l’étrange silence du gendarme de l’Air : la DACM. Cette concurrence illégale nuit bien évidemment à la compagnie nationale, privée de cette énorme source de revenus. Pourquoi Mr AZZI, garant du respect de la concurrence dans l’espace aérien algérien, laisse-t-il les compagnies étrangères proposer des tarifs en euros aux voyagistes algériens ?

A travers le monde, l’aviation Civile privilégie le pavillon national sauf en Algérie.

Mr AZZI a récemment autorisé un agrément d’exploitation et de maintenance à la compagnie Italienne ALITALIA sur le territoire algérien. Jusque-là, les compagnies aériennes étrangères en escale à Alger étaient prises en charge par les équipes de maintenance d’AIR ALGERIE qui assuraient ainsi une autre source de revenus en devise à la compagnie nationale.

Les techniciens se chargent de vérifier les essais de vol avant le décollage et de détecter d’éventuelles anomalies d’ordre technique après chaque atterrissage. Un simple check (vérification) extérieur est facturé 500 euros, une line maintenance s’élève à plus de 2000 euros pour les LUFTHANSA, EMIRATES, IBERIA, EGYPTAIR, QATAR AIRWAYS

Ces actions de maintenance ‘’légères’’ ont été octroyées à la compagnie ALITALIA selon la procédure d’appel d’offres, selon nos connaissances, mais aucune des personnes en charge de la DACM n’a pris en considération le fait que la compagnie italienne n’a pas les moyens humains, les infrastructures ni les compétences qu’offre les services techniques et de maintenance d’AIR ALGERIE.

La préférence nationale a été mise de côté et une entreprise publique se voit amputée d’une ressource non négligeable par un organisme public… Pourquoi Mr AZZI ne privilégie pas AIR ALGERIE quand il s’agit d’engranger des revenus financiers à même d’aider la compagnie aérienne à faire face à un plan de modernisation ?

 

Une proposition de partenariat qui surprend

Au mois de Novembre 2017, dans un courrier transmis à AIR ALGERIEMr AZZI, qui a signé le document, propose les services de l’entreprise suisse JetLease Switzerland pour une proposition de partenariat avec notre compagnie nationale.

 

Mr AZZI, qui argumente l’écrit de la société suisse, souligne que ce partenariat dédié au fret pourra évoluer vers d’autres créneaux d’activité tels le financement, de la formation ou ‘’l’exploitation de compagnies, frets, passagers et de la formation aéronautique, du démantèlement’’

 

Algeriepart a pu identifier que la société JetLease Switzerland n’est pas un opérateur aérien mais un prestataire aérien spécialiste de toutes affaires liées au tourisme, affrètement d’avions, créations et exploitation de compagnies aériennes des solutions financières pour les compagnies aériennes.

Le chiffre d’affaire de la société dépasse à peine les 2 millions de dollars pour un nombre d’employés qui est de 10 personnes !

Il nous a semblé bien étrange que la DACM n’ait pas pris le soin de vérifier qui était cette compagnie et n’ait pas jugé utile d’ignorer cette offre de partenariat pour le moins inadéquate.

Alors pour quelles raisons Mr AZZI en sa qualité de Directeur de l’Aviation Civile et de la Météorologie accepte-t-il de proposer la petite entreprise suisse dotée d’un capital de 50.000 euros comme possible partenaire d’AIR ALGERIE ?

Des questions auxquelles nous sommes nombreux à exiger des réponses. La Compagnie Aérienne Nationale algérienne AIR ALGERIE perd de l’argent certes par une organisation qu’elle doit revoir, mais également par l’inacceptable rôle joué par le premier responsable de la DACM.

Il est impératif que les pouvoirs publics soient solidaires de cette entreprise dans sa mission de service public et pour sa transformation en une compagnie de qualité au service de tous les algériens

Nous reviendrons très vite avec d’autres révélations sur l’environnement aéronautique en Algérie.