Certes, l’impôt sur la fortune a été enlevé des dispositions de la Loi de Finances 2018, mais il n’en demeure pas moins que les plus riches en Algérie devront s’acquitter de plusieurs taxes. 

Publiée au Journal Officiel, la Loi de Finances 2018 instaure à partir de ce mois de janvier des taxes que les algériens aisés et fortunés doivent payer. Ces nouvelles dispositions contenues dans le texte officiel de la Loi de Finances 2018 visent à lutter contre un phénomène très complexe en Algérie : ces riches fortunés qui ne déclarent pas leur argent au fisc alors qu’ils entretiennent un train de vie « princier ».

En effet, officiellement ils présentent des fiches de paie de salariés modestes alors qu’ils habitent dans la réalité des villas luxueuses, possèdent des voitures rutilantes et dépensent comme des super riches sans payer le moindre impôt. Cette réalité, les autorités algériennes ne veulent plus la tolérer. Et pour ce faire, à partir de cette année 2018, les services des impôts ont été instruits de revoir leur prélèvement de l’impôt sur le revenu global (IRG).

D’abord, il faut savoir que l’IRG est une retenue calculée à la source à partir d’un salaire imposable supérieur ou égal à 15 010 DA. Il faut savoir aussi que la contribution de l’IRG reste la plus importante aux recettes fiscales ordinaires en Algérie.

L’IRG est calculé selon un barème dans notre pays. Or, désormais, les services des impôts devront prendre en considération le train de vie des Algériens pour élaborer cet impôt. Et le texte de la Loi de Finances 2018 est très éloquent la-dessus : « En cas de disproportion marquée entre le train de vie d’un contribuable et ses revenus, la base d’imposition à l’impôt sur le revenu global est déterminée en appliquant à certains éléments de train de
vie le barème ci-après, compte tenu, le cas échéant, de la majoration prévue au 2, lorsque cette somme est, au moins, égale au seuil d’imposition du barème de l’impôt sur le revenu », précisent les nouvelles dispositions de l’article 98 du code des impôts directs et taxes assimilées qui ont été modifiées complétées à la suite de l’adoption de la Loi de Finances 2018.

Ainsi, si la résidence principale d’un citoyen Algérien est une villa luxueuse. Les services des impôts devront descendre sur le terrain pour évaluer sa valeur et son propriétaire sera taxé sur la base de 5 fois la valeur locative actuelle courante. Cela signifie qu’il doit payer par an un forfait englobant un montant calculé en fonction de 5 fois la valeurs du loyer. A titre d’exemple, si la location d’une villa rapporte 50 mille Da par mois, son propriétaire devra payer aux impôts une taxe, ou un forfait sur la base de 250 mille Da par an.

Idem pour les résidences secondaires. Leurs propriétaires devront s’acquitter d’un forfait équivalent à 6 fois leur valeur locative actuelle courante. Les voitures, les motos ainsi que les bateaux de plaisance ou les chevaux, tous ces biens seront également taxés par les impôts. Mêmes les employés de maison seront pris en considération dans l’élaboration du barème de l’IRG.  « Pour chaque personne âgée de moins de 60 ans au service exclusif et permanent de l’employeur ou de sa famille », les riches algériens doivent payer une taxe calculée sur la base de 70 mille Da par an.

Voici le tableau publié par le Journal Officiel. Il résume toutes les taxes qui seront appliquées sur les éléments de train de vie des personnes aisées.