Depuis l’annonce officielle de sa décision de limiter à dix le nombre des acteurs économiques autorisés à opérer dans la filière de l’industrie automobile, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, subit des pressions exercées par le lobby des affairistes dans le but de le contraindre à revoir sa copie. 

Selon les investigations d’Algériepart, ce lobby est constitué essentiellement d’hommes d’affaires désenchantés après avoir été interdits par le Premier-ministre de poursuivre les importations des véhicules en Kits (SKD). Les alliés politiques de ces opérateurs privés sanctionnés par Ouyahia tentent d’embrigader des “personnalités influentes” au sein du RND pour les rallier à leur cause et renforcer, ainsi, la pression sur le Premier-ministre.

Selon des informations recoupées et vérifiées par nos soins, derrière les opérateurs privés exclus par Ahmed Ouyahia, Emin Auto (JAC/JMC), Renault Trucks/Volvo,  Cevital, de CFAO (Diamal pour Fuso), Scania, Kiv/Foton et Elsecom, nous retrouvons des patrons qui tissent des alliances ou prêtent allégeance à des hauts responsables politiques comme l’ancien ministre de l’Industrie, Abdesslam Bouchouareb.

Or, même si ce dernier a été éjecté du bureau politique du RND suite à une décision prise par Ouyahia, il n’en demeure pas moins qu’il possède encore ses relais et dispose de certains réseaux qui diffusent de nombreuses rumeurs et sèment la zizanie au sein du RND dans le but d’affaiblir politiquement un Premier-ministre engagé d’ores et déjà sur plusieurs fronts.

Des sources très proches d’Ahmed Ouyahia ont assuré à Algériepart que les entreprises qui ont été écartées, pour l’heure, de l’industrie du montage des véhicules n’ont pas fourni des dossiers de projets industriels convaincants. Par ailleurs, le Premier-ministre a établi une nouvelle stratégie dans laquelle il veut préconiser le développement de la sous-traitance. L’Algérie compte déjà un nombre suffisant d’usine d’assemblage et de montage des véhicules. Aux yeux d’Ouyahia et de ses conseillers, il est maintenant urgent d’encourager l’installation de sous-traitants étrangers appuyés par des partenaires algériens pour développer la fabrication des divers composants mécaniques ou électroniques dont ont besoin les véhicules montés en Algérie.

C’est à travers cette seule option que l’industrie automobile connaîtra un taux d’intégration digne de ce nom. Les services du Premier-ministre veulent, confirment nos sources, s’inspirer du modèle tunisien qui a permis l’émergence de près de 280 sous-traitants qui travaillent avec les constructeurs mondiaux les plus réputés dans le monde. D’ailleurs, l’opérateur tunisien Plastic Electromechanic Company (PEC) a commencé son installation en Algérie grâce à un partenariat signé avec le groupe Tahkout, propriétaire de l’usine de montage des véhicules Hyundai à Tiaret. Une future usine sera lancée dans les 6 mois à venir à El-Bayadh pour fabriquer des pièces de rechange comme les Pare-chocs moulés plastiques et diverses pièces qui seront fournis aux constructeurs établis en Algérie.

C’est ce genre de projet qu’Ahmed Ouyahia veut encourager et voir se multiplier dans notre pays dans l’optique de réduire les dépenses en devises de l’Etat algérien. Un Etat pressé par le lobby des affairistes pour qu’il continue à autoriser des “importations déguisés” de voitures qui menacent dangereusement l’équilibre budgétaire de notre pays.