Faire de Yennayer une “journée chômée et payée” n’est visiblement pas une décision anodine. Cela fait partie des décisions qui ont fait plus d’unanimité au sein de la société et surtout parmi les militants de la cause amazighe.

La décision du chef de l’Etat a été très bien accueillie. Y compris parmi les militants les plus irréductibles. C’est le cas du député de Béjaïa, Braham Bennadji. Le parlemantaire, qui fait partie des lanceurs d’alerte au sujet du “rejet des députés de généraliser l’enseignement de Tamazight”, a tout de suite réagi à la décision des autorités. “Merci à la nouvelle génération ( étudiants, lycéens et collégiens). Votre mobilisation et détermination de ces dernières semaines est à l’origine de cet acquis historique. Il a été arraché par le combat et non octroyé”, a-t-il écrit sur sa page Facebook.

“Le 12 janvier correspondant au jour de tête de l’an amazigh est officiellement journée chômée et payée sur décision du président Bouteflika. Une autre victoire pour Tamazight”, a, de son côté, réagi Belkacem Boukherouf, un militant très respecté de la cause berbère.

L’un de ceux qui ont porté cette revendication sur le terrain, à savoir l’écrivain et éditeur Brahim Tazaghrt, a bien accueilli la décision. « Cette décision intelligente et lucide, pour laquelle se sont battues plusieurs générations de militantes et de militants, mit l’Algérie en phase avec sa profondeur historique et civilisationnelle. (…) Elle vient, en ces moments de doutes et de crises multiples, renforcer la cohésion de notre nation en agissant sur les malentendus identitaires inutiles, fruits d’une gouvernance qui a toujours manqué de clairvoyance et d’anticipation », écrit-il.

Parmi les politiques, les députés du Parti des Travailleurs ont favorablement accueilli cette décision. « La lutte paie », ont résumé Ramdane Tazibt et Nadia Chouitem, deux députés du PT.

Même en dehors de la Kabylie, la décision de faire de Yennayer une journée fériée a été applaudie. « Yennayer, jour de fête désormais journée chômée et payée. Parce que certains n’ont pas chômé le long des décennies, et qu’ils l’ont payé de leur vie. Décision à saluer, sur le long chemin de la guérison de nos racines, en attendant nos récoltes », a réagi l’écrivain Kamel Daoud. « Cette consécration n’est pas un cadeau offert par le pouvoir en place mais la résultante d’un long combat du peuple algérien et notamment de ses franges les plus éclairées, plus particulièrement en Kabylie, depuis l’indépendance du pays pour le recouvrement de l’une des plus importantes composantes historiques de son identité. La lutte est encore longue et Il reste beaucoup à faire, notamment la reconnaissance pleine et entière de tamazight comme langue nationale et officielle, enseignée dans toutes les écoles et utilisée dans les textes officiels, les institutions de la République et dans le Journal Officiel”, a noté de son coté l’écrivain et éditeur Lazhari Labter.

Pour une fois, le pouvoir algérien a réussi à faire l’unanimité autour d’une décision !