C’est l’un des projets les plus importants dans l’industrie automobile algérien qui a été interdit officiellement par les autorités algériennes. Il s’agit de la future Usine de Renault Trucks. Elle devait être opérationnelle à la fin du 1er trimestre 2018 selon les plus récentes affirmations de Bruno Blin, le Président du Groupe Renault Trucks, filiale du  groupe suédois AB Volvo. 

En partenariat avec le groupe BSF Souakri, la marque française a conclu le 25 août 2016 à Lyon un partenariat qui devait lui permettre d’installer en Algérie une importante usine de montage de camions. Cette usine devait assembler dés son entrée en production pas moins de « 2.000 camions/an, avant de voir sa capacité portée à 5.000 unités en 2019 », avaient révélé à l’époque les initiateurs de ce projet dont l’implantation était prévue à Meftah (à l’est de Blida).

Un projet officiellement désavoué par les services du Premier-ministre, Ahmed Ouyahia, qui a refusé d’inscrire cette usine sur la liste des opérateurs officiellement agréés par les autorités algériennes pour produire des véhicules en Algérie.

Selon nos investigations, les porteurs du projet Renault Trucks en Algérie, les frères Souakri, font les frais de leur amitié avec Abdesslam Bouchouareb, l’ancien ministre de l’Industrie, limogé de son poste à la fin du mois de mai dernier. Ce haut responsable naguère très influent et chef-d’orchestre de tous les projets du secteur de l’industrie et des mines, est devenue une personnalité excommuniée par le sérail algérien.

Les Souakri, Azzedine et Abdennour, sont effectivement très proches et amis avec Abdesslam Bouchouareb. Ces hommes d’affaires ont bâti un véritable empire sous l’ère de l’ancien de ministre de l’Industrie. Patrons du groupe de matériaux de construction Sagremac, les frères Souakri se sont imposés ces trois dernières années comme les partenaires préférés des plus importantes sociétés françaises à l’image du géant Lafarge avec lequel ils ont bâti une immense cimenterie à Biskra. Pour financer la réalisation de ce projet livré en août 2015, 8 banques algériennes ont débloqué l’équivalent de 240 millions d’euros.

Et les deux frères s’apprêtaient à se lancer dans d’autres créneaux comme les énergies renouvelables ainsi que l’industrie du montage des véhicules. Des ambitions qui ont été sérieusement ralenties en raison de cette brutale décision des autorités algériennes. Ces dernières sanctionnent clairement les projets dans lesquels est impliqué directement ou indirectement Abdesslam Bouchouareb.