Le milliardaire Mourad Oulmi, le patron de SOVAC, le concessionnaire et représentant exclusif des marques du groupe Allemand Volkswagen, veut se substituer au ministère de l’Industrie pour décider à la place du gouvernement de la stratégie que doit adopter l’Etat algérien en matière de montage et d’assemblage des véhicules. 

Sur le plateau d’Ennahar TV, ce milliardaire lobbyiste très proche d’Abdesslam Bouchouareb, l’ex-ministre qui a échafaudé la première mouture du cahier des charges régissant l’activité de montage automobile en Algérie, a voulu faire croire aux Algériens que l’intérêt suprême de l’Algérie est d’autoriser uniquement trois marques à posséder des usines dans le pays.

Naturellement, charité bien ordonnée commence par soi-même, Mourad Oulmi, un ancien importateur qui découvre les joies de l’industrie depuis à peine deux ans, nous explique que ces projets avec les marques SEAT, Skoda et Volkswagen sont ceux qui sauveront notre pays. Oui, à entendre les arguments avancés par “monseigneur” Oulmi, il n’y a que lui et ses associés qui peuvent, ou même veulent, développer une véritable industrie du montage automobile en Algérie. Le patron de Sovac argue, ainsi, qu’il n’est pas du tout intelligent d’agréer plusieurs usines de montage qui ne feront que 40 mille véhicules.

“Pour exporter et développer de la sous-traitance, il faut une capacité de production d’au moins 100 mille véhicules par an”, décrypte le spécialiste de l’industrie automobile qui fut, pourtant, l’un des plus gros importateurs de voitures rutilantes en Algérie avec zéro apport au développement industriel.

Si, de prime abord, les arguments de Mourad Oulmi peuvent paraître sensés, il n’en demeure pas moins que derrière sa façade d’homme sérieux et engagé, il se cache un calculateur qui se donne à un jeu d’influence visant uniquement à privilégier ses intérêts au détriment de ceux de ses concurrents.

En effet, la sortie de Mourad Oulmi coïncide étrangement avec les déclarations d’Ahmed Ouyahia lequel a fait savoir que le gouvernement envisage de procéder à un assainissement du secteur automobile. Le Premier-ministre a fait remarquer qu’il n’y aura pas plus de 5 marques pour les voitures touristiques et 5 autres marques pour les véhicules lourds.

Selon nos investigations, le gouvernement subit en ce moment des pressions de la part de plusieurs affairistes dont Mourad Oulmi qui exercent toute leur influence pour verrouiller le marché automobile. L’objectif est de réduire à néant la concurrence autour du gâteau des 500 mille véhicules qui peuvent être vendus en Algérie. C’est effectivement la taille du marché algérien si on prend en considération la forte demande des Algériens.

Une demande que Mourad Oulmi veut capter au profit de ses propres marques au détriment des projets industriels qui peuvent s’avérer nettement plus rentables et bénéfiques pour l’économie algérienne. Il est clair que personne ne peut remettre en cause l’importance du génie industriel du groupe Volkswagen. Mais la configuration du projet élaboré par son partenaire algérien Sovac soulève de nombreuses interrogations. Depuis son lancement, l’usine de Relizane de Sovac assemble et commercialise des voitures qui ne semblent pas correspondre au pouvoir d’achat de l’Algérien ordinaire.

La Nouvelle Volkswagen Golf ou la future nouvelle Polo que Sovac veut assembler l’année prochaine sont-elles des voitures à la portée de la majorité des Algériens ? Et de telles voitures peuvent-elles trouver des marchés à l’export en Afrique subsaharienne où le pouvoir d’achat est encore plus faible qu’en Algérie ?

Mourad Oulmi ne répond pas du tout à ces questions. Il n’explique nullement comment il compte concurrencer en Afrique subsaharienne les voitures chinoises ou françaises dont les prix sont beaucoup moins élevés que leurs concurrentes allemandes. Et lorsque le milliardaire se retrouve dos au mur, il annonce que l’exportation concernera surtout les pièces détachées. Des pièces de quoi et au profit de qui ? Et à destination de quel pays ? Aucune donnée palpable n’est communiquée par le patron de SOVAC. Et pourtant, ce dernier fait mine de pouvoir pondre à toute l’Algérie une révolutionnaire stratégie industrielle. Ce n’est pas sérieux…