Malgré toutes les mesures restrictive et austères, les importations n’ont pas du tout baissé en 2017. Le gouvernement algérien n’a pas atteint ses objectifs et termine l’année avec une défaite concédée face aux importations. 

Et pour cause, l’Algérie va terminer cette année autour des 45 milliards de dollars et les importations n’auront reculé que d’un peu plus d’un (1) milliard de dollars seulement par rapport à 2016, alors que l’objectif escompté au titre de l’année 2017 était de les réduire à 30 milliards de dollars.

La conséquence de cet échec est on ne peut plus inquiétante puisque le déficit de la balance de paiement va s’aggraver encore cette année. D’ailleurs, à la fin du 1er semestre de l’année en cours, cette balance a accusé un déficit de plus de 11 milliards de dollars. L’autre conséquence désastreuse pour le pays est sans doute la baisse des réserves de change qui devraient clôturer l’année à 97 milliards de dollars contre 114 milliards de dollars à fin 2016, soit une baisse de l’ordre de 17 milliards de dollars en une année.

Les chiffres parlent donc d’eux-mêmes : l’Algérie n’a pas réussi à s’émanciper des importations. Notre pays reste encore et toujours terriblement dépendant de ces marchandises fabriqués et importés depuis l’étranger. Cela signifie clairement que la politique économique de l’Etat algérien est gravement déficiente. La production nationale reste dérisoire et les investissements locaux tournent au ralenti.

Pour l’année 2018, l’Etat algérien veut s’enfoncer dans la radicalité pour réduire la factures des importations. Il a prévu d’ores et déjà la suspension  des importations, elle touchera, à partir de janvier prochain, un nombre de 851 produits relevant de 45 catégories de marchandises.

Il s’agit essentiellement des fruits secs, des fromages (produits finis), des fruits frais (à l’exception des bananes), des légumes frais (sauf l’ail), des viandes (à l’exception des viandes bovines), du thon, des dérivés du maïs, des préparations de viande, des chewing-gum, des bonbons et chocolats, des pâtes alimentaires, des viennoiseries, des dérivés de céréales, des conserves de légumes, des tomates préparées ou conservées, des confitures, des gelées, des fruits conservés, des préparations alimentaires, des eaux minérales, du ciment, des détergents, des produits plastiques finis et semi-finis, des produits hygiéniques, du marbre et du granite, du papier hygiénique, des tapis, de la céramique finie, des glaces et verres, des moissonneuses-batteuses, des articles de robinetterie, des fils de câbles, des meubles, des lustres, des articles électroménagers et des téléphones mobiles.

Mais est-ce réellement la solution nécessaire à notre économie ? Pas si sûr. En réalité, l’Algérie bricole au lieu de bâtir un véritable plan consistant à se doter d’une véritable production nationale capable d’apporter de l’équilibre à notre balance des paiements.