Les mots ne sont jamais assumés. Mais il est de plus en plus évident que l’Algérie expulse des migrants clandestins. L’information a été donnée, vendredi, par le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales.

Nouredine Bedoui, qui s’exprimait face à des journalistes,  a indiqué que l’Algérie a déjà « reconduit près de 10 000 migrants clandestins dans leur pays d’origine ». Cela s’est fait, selon lui, « en concertation avec les gouvernements des pays concernés ». Une politique qui vise, selon Bedoui, à « sécuriser les frontières du pays ».

Cette politique faite d’expulsions est une réalité depuis longtemps. En 2016, une opération d’arrestations de migrants clandestins, qui travaillent notamment sur des chantiers de construction dans la capitale, a suscité l’ire des organisations de défense des Droits de l’Homme.

Partout dans le monde, la presse a rapporté des actes de « brutalité » dont a fait preuve la police algérienne. Les explications des autorités algériennes n’ont rien changé à la donne. Plus que cela, le Premier ministre, Ahmed Ouyahai, avait même soutenu, en juillet dernier (il était encore directeur de cabinet à la présidence de la République) que la présence de ces migrants provoquait des maladies et des « phénomènes sociaux » tels que « la prostitution et la drogue ».

Des propos soutenus, le lendemain, par le ministre des Affaires Etrangères, Abdelkader Messahel, qui a indiqué, lui, que l’Algérie était « ne droit de se défendre » face à des « groupes de malfaiteurs » et de « passeurs ».

Depuis plusieurs mois, l’Algérie a signé des conventions avec certains pays de l’Afrique subsaharienne pour le « renvoi » des ressortissants de ces pays dans des conditions plus humaines. Des centres de regroupement sont crées un peu partout. Les migrants sont ensuite conduits à Tamanrasset d’où ils sont reconduits chez eux, avec un peu d’argent dans les poches.