Depuis le début du mois de décembre, les PDG et les managers de plusieurs grandes compagnies pétrolières internationales ont visité Alger. Total, BP-Statoïl, ENI, Pertamina, en quelques jours, le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour a signé de nombreux accords de coopération permettant de lancer de nouveaux projets.

Des projets qui redémarrent des investissements dans le secteur des hydrocarbures. Un secteur moribond depuis 2014-2015 où l’Algérie avait été boycottée par l’ensemble des grosses grandes compagnies pétrolières internationales.

Preuve en est, en 2014, un appel d’offres lancé par Sonatrach pour la recherche et l’exploration en hydrocarbures a été couronné par seulement 4 permis sur 31 gisements. Entre 2008 et 2011, lors des trois avant-derniers appels d’offres, seulement 9 licences ont été accordées pour 36 périmètres proposés.

Cette désaffection des compagnies internationales s’est encore aggravée à partir de 2014 notamment au 4èmeappel d’offres  destiné à l’attribution de nouveaux permis de recherche. Lancé au mois de janvier 2014, cet appel d’offres portait sur 31 périmètres, dont 17 couvraient des zones recelant des hydrocarbures non conventionnels (gaz ou pétrole de schiste). La date d’ouverture des plis fut reportée à deux reprises dans l’espoir de voir soumissionner ceux qui rechignaient à le faire.

En octobre 2017, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni a expliqué que la plupart des appels d’offres lancés par l’Algérie pour la recherche et l’exploration pétrolières s’étaient avérés infructueux. La situation frôlait donc la catastrophe et il fallait rapidement trouver des solutions pour empêcher que Sonatrach se retrouve esseulée face aux défis de la relance du secteur gazier et pétrolier algérien.

Fraîchement élu fin mars 2017 à la tête de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour passe à l’action et entreprend un projet de modernisation du management de la premier compagnie en Afrique. Le challenge fut compliqué et complexe. Mais depuis décembre 2017, les résultats sont bel et bien là et Sonatrach redevient une compagnie fréquentable aux yeux des mastodontes de l’énergie dans le monde.

Pour preuve, le 21 décembre dernier, le P-dg de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et celui de Pertamina, Manik Massa, ont adopté un document qui intervient après la signature du mémorandum d’entente et de coopération entre ces deux sociétés en septembre 2016. Ce nouvel accord définit les axes de coopération arrêtés conjointement par les deux compagnies et précise les mécanismes de leur mise en œuvre en Algérie et en Indonésie ainsi que dans d’autres pays.

Le 20 décembre dernier, British Petroleum (Grande-Bretagne) et Statoil (Norvège) signent avec Sonatrach un avenant au contrat gazier d’In Amenas pour un montant de plus 500 millions de dollars afin d’accroître les réserves du périmètre d’In Amenas. Auparavant, le 18 décembre dernier,  Abdelmoumem Ould Kaddour a reonctré le P-dg d’ENI, Claudio Descalzi, avec lequel il a conclu un mémorandum d’entente qui a pour objectif d’identifier, dans les Brownfield de Sonatrach, les sites potentiels pour la réalisation d’unités de production d’énergie solaire.

Le 13 décembre, Sonatrach officialise un nouveau gros contrat avec Total et Cepsa. La moisson fut donc riche. Et après tant d’années de tensions, de procès et de conflits avec les compagnies internationales, Sonatrach revient cet allié avec lequel il est possible de faire du business. L’Algérie en sort grandie puisqu’elle va bénéficier de nouveaux investissements qui lui permettront de relancer sa production des hydrocarbures, le principal secteur qui fait nourrir les Algériens. On voit bel et bien la signature d’Abdelmoumen Ould Kaddour. Cet homme contesté et sévèrement attaqué par les médias algériens lors de sa nomination est en train de prouver à ses détracteurs qu’ils ont eu tort de ne pas parier sur lui. Pour le moment, c’est lui qui a relevé la Sonatrach des abysses de ses dysfonctionnements.